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 Visite de Lhambadda et Lettre à Shariva

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MessageSujet: Visite de Lhambadda et Lettre à Shariva    Dim 2 Mar - 12:24

Visite de Lhambadda et Lettre à Shariva !


Depuis des mois, on en parlait. Le Manoir de Lhambadda allait ouvrir ses portes. J'étais à la fois fébrile et inquiet. Qu'allait-on découvrir dans cette étrange bâtisse, qu'on disait remise à neuf ? Tout était bien vague. J'avais, quelques jours auparavant, participé à un appel massif supposé mener à son ouverture. Tout Amakna s'était alors rassemblée pour tenter de mettre fin à cette terrible attente. Mais rien. Encore une "tumultueuse" surprise de ceux qu'on nommait les Favoris de Shariva. Depuis, j'attendais, comme les autres, ce qui allait advenir. Et s'il s'agissait également d'une autre farce de mauvais goût de la part des messagers encapuchonnés ? J'avais beau croire en Shariva, j'avais beau avoir longuement discuté avec l'un de ces Favoris, ma nature sceptique insinuait en moi le doute. Q'importe ; la réponse à toutes ces questions ne tarda guère à venir et dépassa tout ce que j'avais pu imaginer, balayant du même coup ce qui subsistait dans mon esprit d'inquiétude.

C'était arrivé par hasard, alors que mes activités de commerçant m'avaient conduit à Astrub, où j'errai d'hôtel de vente en hôtel de vente, en quête de rareries que je pourrais négocier à bas prix. Comme à chacune de mes visites, je ne manquai pas de flâner dans les rues commerçantes, me délectant de ces grandes maisons reconnaissables entre mille, qui faisaient le charme d'Astrub. Et, comme à chaque fois, mes pas me portèrent jusqu'au manoir de Lhambadda, ou du moins jusqu'à cette bâtisse immense, au Nord-Est de la ville, supposée être devenue la propriété des adorateurs de Shariva. Mais cette fois-là fut différente des autres. En effet, alors que j'approchais, voyant déjà se dessiner, à quelques rues de là, les contours de son toit, quelques notes de musiques me parvinrent. D'abord très lointaines, celles-ci semblaient se faire de plus en plus nettes au fur et à mesure que j'approchais. Je réalisai alors que l'endroit d'où elles provenaient, eh bien, c'était le Manoir de Lhambadda. Je mis quelques instants à comprendre.
Le Manoir de Lhambadda.
Ça y était.
Il était ouvert.

Sa silhouette imposante se dressait à présent devant moi. Je pris quelques instants pour l'étudier, rêveur. Quelque chose paraissait changé. Mais quoi ? Mes yeux parcoururent ses petites fenêtres mystérieuses, ses poutres massives, les blocs de pierre taillée qui la soutenaient. C'étaient les mêmes. Je reconnus également la grande porte, pour laquelle une dizaine de bras avait dû être mis à l'épreuve pour acheminer jusque là. C'est alors que je le vis. Au dessus de celle-ci, un visage rieur - hilare, même - semblait se moquer silencieusement de moi.
Une farce.
Shariva.
Un sourire fendit mon masque et, n'y tenant plus, je tirai le battant qui me séparait de mon destin, me soustrayant, pour une seconde, au regard presque pesant qui ornait la façade. Et je m'ouvris au Tumulte, guidé par un rythme endiablé joué au piano, bercé par les éclats de voix qui perçaient de nulle part. La première chose que je découvris fut un hall majestueux, mais le manoir de Lhambadda, c'était bien plus que ça. C'était d'abord une immense salle où une multitude de personnes, de tous les horizons, se tenaient : on y mangeait, on y buvait, on y parlait fort, on gesticulait dans tous les sens... Un désordre absolu dans lequel, pourtant, cette cohue semblait évoluer naturellement. Je me frayai un chemin parmi le flot des convives, non sans renverser au passage une coupe pleine et bousculer une jeune femme qui s'agitait devant moi, sans doute sous l'emprise d'une boisson peu recommandable, et parvins tant bien que mal à l'escalier qui allait, je l'espérais, me mener dans un endroit un peu plus calme. C'est ainsi que je pénétrais dans la salle de spectacle. Tout aussi comble que la précédente, sinon plus, cette pièce était le lieu de toutes les débauches. Il y avait là une scène surélevée par rapport au sol sur laquelle plusieurs musiciens animés jouaient des mélodies populaires et entraînantes. Ça sentait la cuisine, la sueur et le parfum fort. C'était enivrant. Je devinai dans le fond, caché par la foule, le piano que j'avais entendu dans la rue. Assise sur celui-ci, une femme donnait de langoureux baisers à son amant. Je les observai un instant, puis, mes yeux se promenèrent parmi les visages, dans l'espoir d'en reconnaître un. J'identifiai quelque part les traits bourrus d'un Iop que je me souvenais avoir déjà croisé ainsi que ceux d'un homme que je devinai être de la garde astrubéenne, en galante compagnie, mais ne pus poursuivre mon investigation beaucoup plus loin : une main inconnue m'agrippa soudain et m'emmena au centre de la pièce, où évoluaient les couples. Je réalisai qu'on m'invitait à danser, mais avant que j'aie pu esquisser le moindre geste, on me prit fermement par la taille et un doigt vint se poser verticalement sur ma lèvre : « chut ». Déjà ivre de bonheur, je me laissai aller, m'abandonnai à la musique trop forte, aux accords fébriles du piano, à cette odeur singulière qui pénétraient mes sens jusqu'à m'engourdir ; je me donnai tout entier au Tumulte.

C'était d'abord ça, le Manoir de Lhambadda, mais c'était bien plus encore. Après une première nuit passée à festoyer comme une âme en peine, je pus, le lendemain, découvrir ce que, la veille, je n'avais pas su voir. De l'immense bibliothèque où se mêlait au parfum des livres somptueusement reliés celui, chaud, des festivités à peines terminées, au grenier en fouillis, en passant par la salle de jeu où des centaines de jetons colorés jonchaient encore le sol, je pus admirer à loisir la sagesse vulgaire de ce lieu si particulier qui allait bercer une bonne partie du restant de mes jours. Mais l'endroit qui, certainement, m'attirait le plus, était une petite pièce qu'on aurait pu prendre pour un cellier mais qui en réalité abritait une sorte d'autel dédié à Shariva. On retrouvait là ce visage rieur qui ponctuait d'ailleurs chacune des salles du manoir mais qui, vraiment, dans cet endroit mystérieux, plus que jamais semblait m'observer et se rire de moi comme on se rit de celui à qui on a fait une bonne blague. Moi, je ne riais pas toujours mais je ne pouvais m'empêcher de conserver et de chérir cette part d'enfance, cette insouciance heureuse où j'aimais à m'égarer : c'était l'endroit où se déchaînaient toutes les passions, c'était le lieu de tous les possibles.
C'était le Manoir de Lhambadda.

Après avoir achevé son récit, l'homme masqué reprit son souffle quelques instants. Puis, grave, il sortit de sa poche un rouleau de parchemin abîmé qu'il déplia lentement avant d'en faire la lecture.

Poème à Shariva

J'ai, chère Shariva, longtemps cherché en moi
La source d'une peine me rongeant sans fin
Quand, au creux de mon âme, l'homme était en émoi
Et que la loi et le blâme étaient tous deux vains

Shariva, j'étais une vague, et la tristesse
Montait en moi comme la mer : j'étais perdu.
Il me fallait, je crois, un palais de jeunesse
Un rêve où mes tendres vers seraient entendus

Ce rêve, Ô Shariva, toi seule l'a exaucé :
Mes mots chantent ton coeur, ton rire de cristal
Appelle le bonheur dans mon âme où le mal
Peu à peu capitule. Ton manoir m'a sauvé.

Aux horizons infinis je vais, je m'enfuis ;
Le jour se coule d'ombre ; bientôt, plus rien ne luit.
Je prends la mer, jette l'ancre sur le rivage
Et m'abandonne à la houle, l'écume au visage.
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Visite de Lhambadda et Lettre à Shariva

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