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 Contes et Légendes du Monde des Douze.

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Kiminus

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MessageSujet: Contes et Légendes du Monde des Douze.   Mer 10 Nov 2010 - 13:54

Il y a, dans ce monde, nombre de Légendes dont je voudrais vous parler. Certains récits sont entreposés dans la Bibliothèque d'Amakna, et d'autres viennent tout droit de ma collection personnelle. Mais leur nombre est trop important pour que je puisse toutes vous les faire découvrir. J'ai néanmoins réuni quelques uns de ces fabuleux récits dont voici le premier.


I. L'Attaque des Dragoeufs

Il y a très longtemps, avant même la création de l'Horloge de Xélor, le Dieu Osamodas avait élevé une jeune Dragonne. Il la nomma Crocabulia. La jeune Dragonne était très belle, mais aussi très puissante. Elle aimait Osamodas comme un père, et combattait tous ses ennemis.
Mais un jour de Fraouctor, Osamodas envoya sa Dragonne capturer deux jeunes disciples de Sacrieur qui avaient eût le malheur de déplaire à son maître. Crocabulia savait que les deux jeunes gens étaient innocents, et donc elle les cacha dans une grotte connue d'elle même, cachée derrière une cascade. Osamodas, apprenant cela, entra dans une colère énorme.
Crocabulia, dans une ultime chance de se racheter, accepta de veiller sur une nouvelle race de Dragons encore dans l'Oeuf, destinés à servir Osamodas.
Afin de s'assurer qu'elle mènerait à bien sa mission, le Dieu enferma la Dragonne dans un sanctuaire qu'il fit creuser sous le village primordial d'Amakna. Il invoqua deux redoutables Dragons pour aider Crocabulia dans sa tâche : Grozilla et Grasmera.

Leur premier éveil, causé par la folie des hommes fut terrible et marqua la fin du village. Après un terrible massacre, les Dragoeufs retournèrent sous la terre, dans leur sanctuaire.

Bien plus tard, alors que les habitants s'étaient réinstallés au dessus du Sanctuaire, on vit apparaître dans les souterrains des Oeufs étranges qu'on surnomma " Krokilles". On devina qu'ils étaient les descendants des Ancestraux Dragoeufs, et l'on se mit à craindre une nouvelle invasion. On était alors en l'An 639.

Une partie de la population migra donc pour s'installer dans les forêts avoisinantes. Ceux qui restaient étaient réquisitionnés pour combattre ces nouveaux adversaires.
Dès lors, un long combat qui dura plus de six mois s'engagea. Après plusieurs batailles perdues, les hommes se réunirent sous le commandement de Shika Inglasse, un pauvre fermier qui les mena à leur première victoire.
Comme Grozilla et Grasmera ne s'avouaient pas vaincus aussi facilement, des aventuriers de tous les horizons vinrent en renfort. Ce furent les serviteurs de Djaul qui vinrent à bout des deux terribles Dragons.
On raconte que ceux-ci sont repartis dans le sanctuaire et attendent pour prendre leur revanche.
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Kiminus

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MessageSujet: Re: Contes et Légendes du Monde des Douze.   Mer 10 Nov 2010 - 14:28


II. L’Épée de Crocoburio


Il y a fort longtemps vécurent les Crocodailles, une des plus dangereuses espèces animales vivant dans notre Univers.
ces redoutables créatures descendaient régulièrement dans les villages pour enlever les êtres les plus faibles. Un fois de retour dans leurs grottes, ils les dévoraient sauvagement sans attendre.

Tous ceux qui ont vécu à cette époque vous le diront, les Crocodailles méritaient bien leur place sur les plus hautes marches de la chaîne alimentaire...
Mais, malgré une intelligence très relative, les Crocodailles restaient des animaux. Ils étaient absolument incapables de mener à bien une embuscade, de porter une arme ou de mettre en réel péril un gros bourg.
Un jour naquit Crocoburio, fils de Grougalorasalar qui fut charmé par la Dragonne Crocabulia, sa mère. Cette naissance contre-nature, rendue possible par les pouvoirs maléfiques de Grougalorasalar, eut de graves conséquences pour la meute.

Alors qu'un Crocodaille atteignait normalement l'âge adulte en trois ou quatre années , Crocoburio a peine âgé de deux semaines, avait tué tous les mâles de la meute.
La conséquence imprévue de cet acte fut l'arrêt des massacres dans les bourgs environnants. Mais les bardes eurent tort de composer des chansons sur le héros qui avait sauvé la population de la menace des Crocodailles, car le répit fut de courte durée.

Cinq petites années s'écoulèrent dans le calme et la prospérité. Ce fut une période paisible et agréable mais tant de calme ne présageait rien de très bon. Crocoburio, qui avait désormais atteint l'âge adulte semblait avoir - chose étrange - un plan. L'essence draconique qui coulait dans ses veines semblait lui conféré une force et une intelligence incroyables, mais surtout une inquiétante ambition.
Car en effet, durant tous ces mois, Crocoburio s'était accouplé avec des femelles qui lui donnèrent des fils tout aussi cruels que leur père et prêts à suivre ses moindres ordres.
Pourtant, Crocoburio savait qu'il lui manquait une chose que ses pouvoirs ne pouvaient lui donner. A l'Est, les habitants d'Amakna disposaient d'armes terrifiantes qui pouvaient le détruire ainsi que ses descendants. Il décida alors d'aller rendre visite à son père, Grougalorasalar.

Les Dragons ne sont pas connus pour être de très bons hôtes, même pour leur descendance. Et Crocoburio, dans l'Antre de tout autre Dragon aurait sûrement passé un très mauvais quart d'heure.

Mais Grougalorasagar fût séduit par la hargne qu'il lisait dans les yeux de son "fils" comme il avait été comme il avait été séduit par la ténébreuse beauté de Crocabulia.
Ils restèrent longtemps, dans cette grotte froide et humide, à se scruter. Ils se comprenaient sans mot dire, et même si aucune des version de la Légende de raconte les paroles prononcées alors, sait que c'est ce jour là que son père fit cadeau de Crocobur à Crocoburio.

Cette mythique épée était une véritable oeuvre d'art, mais passée sa beauté, on y avait tissé des sortilèges qui la rendait redoutable. Sur la lame de cette arme dévastatrice furent gravées des runes de protection, et surtout une gemme de résurrection sur la garde assurait à son utilisateur une longévité sans faille.

Quoi qu'il en soit, au terme de cette rencontre, le Dragon noir, pourrisseur de vies, infernal fléau des êtres vivants était transformé. Prit de fierté pour son fils, Grougalorasagar surveilla de loin tous ces agissements, intervenant quand Crocoburio s'attaquait à plus fort que lui, tombait dans un piège ou lorsqu'il était victime de traîtrise.
Cet amour, plus fort chaque jour, était inexplicable surtout venant de la part d'un Dragon aussi froid que lui. C'était certainement le côté "unique" de Crocoburio et sa force de caractère qui plaisaient tant à son père.
Par la suite, lorsque Crocoburio prit le contrôle des "Terres Vertes", le Dragon Noir accompagna son fils pour lui donner, dans l'ombre, ses précieux conseils.

Le territoire de Crocoburio s'agrandit jusqu'à s'étendre aux frontières d'Amakna, et beaucoup crurent à la fin des autres espèces dominantes.
Aucun des héros qui lui étaient présentés en duels ou lors d'une bataille ne pouvaient rivaliser avec ce terrible chef de guerre. Il écrasa de nombreux villages, garda leurs habitants pour les réduire en esclavage et s’apprêtait à marcher sur Bonta lorsque le sort lui joua un tour.

Un grand Dragon Blanc du nom de Croulaklakoss dit "le Sage" s'était penché depuis bien longtemps sur le cas Crocoburio, et surtout veillait depuis des millénaires sur les agissements de son père, le Grand Dragon Noir.

Les Dragons ne prêtent en général que très peu d'attention sur les autres espèces, et leurs sorts ne les intéressent absolument pas plus qu'un tofu déplumé.
Cependant, Dragons noirs et Dragons Blancs se vouent depuis la nuit des temps une haine sans limites, et les trésors des uns ne désintéressent pas forcément les autres.

Lorsque Grougalorasalar et Crocoburio se lancèrent dans la Grande attaque de Bonta, le sage et calculateur Croulaklakoss leur tomba dessus, s'attaquant directement au Grand Dragon Noir. Le combat entre les deux reptiles fut d'une telle violence qu'elle causa d'énormes dégâts dans l'armée de Crocoburio.
Se croyant aidés par le Dragon Blanc, les miliciens Bontariens se jetèrent dans la bataille, finissant le travail de Croulaklakoss.

Crocoburio tomba, touché par une douzaine de flèches. Voyant son fils ainsi malmené , Grougalorasalar fut distrait pendant une fraction de seconde. Croulaklakoss profita de cette hésitation pour lui porter le coup fatal. Grougalorasalar tomba avec fracas sur le sol, son énorme gueule se plaçant près du corps inerte de Crocoburio.


Et aujourd'hui encore, les anciens racontent qu'ils virent pour la première fois de mémoire d'Amaknien, aussi étonnant que cela puisse paraître de la part d'un Dragon à l'âme aussi noire que ses écailles, oui, ils virent un Dragon pleurer au moment de sa mort.

Et ce Dragon se nommait Grougalorasalar.
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MessageSujet: Re: Contes et Légendes du Monde des Douze.   Mer 10 Nov 2010 - 14:34

III. La Forêt des Abraknydes



Il y a bien longtemps, bien avant l'arrivée des êtres évolués et de leurs bourg, Amakna était une région à la végétation luxuriante, la faune et la flore s'épanouissant merveilleusement.

Lorsque les premières personnes civilisées se manifestèrent, venant pour la plupart de la lointaine contrée des Dragoeufs
Après  plusieurs disparitions, on comprit que ces forêts cachaient un terrible secret. Des arbres vivants, que l'on nomma " Abraknydes", furent découverts. Opposés à l'installation de nouvelles races, ces arbres attaquaient systématiquement à quiconque osait s'approcher d'eux.

Les Abraknydes tiraient leur pouvoir du Coeur de la forêt. Capables d'invoquer des Araknes et de se régénérer soudainement en plein combat, ils étaient de terribles adversaires et rares étaient les personnes capables de survivre à une de leurs attaques. Quoi qu'il en soit, les êtres évolués avaient compris leurs faiblesse : Le Feu. Ainsi, ils lançaient des flèches enflammées ou tissaient de puissants sortilèges pour faire reculer ces arbres vivants.

Dès lors, les villes gagnèrent sur les forêts, mais on eût la bonté de garder une parcelle de la Forêt pour les Abraknydes, que l'on nomma " la Forêt des Abraknydes".
Certains racontent qu'au sein de cette forêt repose le Chêne Mou. Il s'agirait d'une puissance Ancestrale vénérée de tous les végétaux. D'après la légende, le Chêne Mou dort au Coeur de la Forêt, et n'attend que de se réveiller pour prendre sa revanche sur les êtres civilisés.

De nombreux aventuriers intrépides essayèrent de s'aventurer dans son Antre, mais aucun d'entre eux ne revint raconter ce qu'ils avait vu.

Le mystère reste donc encore entier, les hommes ayant depuis longtemps renoncé à rechercher le Chêne Mou.
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MessageSujet: Re: Contes et Légendes du Monde des Douze.   Jeu 11 Nov 2010 - 19:26

IV. le cordonnier coléreux


En l'an 625, dans l'enceinte du Château d'Amakna, régnait un souverain du nom d'Allister qui avait la réputation d'être sage et honnête. Il était très fier de son peuple, que tous tenaient pour le plus vertueux, et très fier de lui même.
« Ma sagesse est un exemple pour mon peuple, et cette province est la plus heureuse de toutes ! pensait-il.
Toutefois, son bonheur n'était pas tout à fait complet. En effet, parmi les habitants de sa cité se trouvait un bien méchant homme nommé Aylu. C'était un veuf âgé qui n'avait ni enfants, ni amis et vivait seul dans une vilaine masure. Il était cordonnier et fabriquait les plus belles bottes du Monde des Douze, mais avait malheureusement un très mauvais caractère... Et comme ses produits étaient très chers, certains clients essayaient de marchander, ce qui plongeait Aylu dans de terribles colères.
 - Va faire tes courses ailleurs ! l'entendait-on hurler, Je ne voudrais que tu finisses sur la paille pour m'avoir donné deux kamas de trop ! Et il chassait l'impudent de sa boutique.
Ses chaussons étaient, il est vrai, les plus beaux et les mieux cousus qu'il soit, et tout le monde venait s'en procurer malgré les colères de celui qui les fabriquait.

Un beau jour, l'épouse d'Allister se rendit à la boutique d'Aylu dans l’intention d'acheter une paire de bottines, qu'elle trouvait assorties à sa nouvelle garde-robe. Au moment de payer, elle demanda un rabais.
 -  Je ne travaille pas pour le plaisir, moi ! rétorqua Aylu. Vous pouvez bien être la Reine en personne, mes prix sont les mêmes pour tous ! Si cela nous vous convient pas, foi d'Enutrof, tant pis pour vous !
Disant ces mots, il arracha la paire de bottes de la main de la Dame.
Profondément offensée, celle-ci courut au château retrouver son époux.
 - Avec son mauvais caractère et sa grossièreté, cet homme déshonore toute notre cité, dit-elle à Allister. Il ne mérite pas de vivre plus longtemps parmi nous.
Le sage Roi se dit qu'elle avait raison.
 Il en va de ma réputation de Souverain, pensait-il. Comment faire ? Je dois trouver une solution qui reste digne d'un homme juste.

Il réfléchit pendant des heures et des heures, en vain. Comme il ne parvenait pas à trouver une issue qui lui parût équitable, Allister décida de prendre conseil auprès du vieux sage Guahn. Ce homme était si vieux que personne ne se souvenait de son âge, mais son âme était aussi pure que l'enfant qui vient de naître. On disait de lui qu'il pouvait converser avec Enutrof, dont il était disciple depuis ses plus jeunes années.
 - Vieux Sage, déclara Allister en courbant la tête, j'ai grand besoin de ton aide. Dans la province du Château d'Amakna, comme tu le sais, tout le monde est honnête, aimable et courtois. Toute le monde, sauf malheureusement notre cordonnier qui est l'homme le plus coléreux, le plus grossier et le plus cupide qui ait jamais hanté la surface du Monde des Douze. Vieux Sage, je crains pour la quiétude et la paix de notre peuple.  Aide-moi !
 - Dis-moi un peu, répondit le vieux Guahn, le connais-tu personnellement, ce cordonnier ?
 - Pour sûr ! Répliqua Allister. Tout le monde connaît sa méchanceté, sa cupidité et sa grossièreté ! Il est un exemple déplorable pour mon peuple et je voudrais le chasser de la ville avant qu'il ne contamine tout le monde. Mais comment dois-je faire ? Je ne veux pas qu'on me dise Tyran ! Aide-moi, Guahn, conseille-moi !
Après avoir longuement écouté Allister, le saint homme ferma les yeux et se plongea dans une profonde méditation.
Soudain, il rouvrit les yeux pour les plonger dans ceux d'Allister.
 - Enutrof m'a parlé : Informe les habitants de la cité que dans trois jours, ils devront traverser la rivière qui coule autour de l'enceinte du Château et traverser le pont Sud. Bha, l'oiseau sacré au long bec sera là et se manifestera à ceux dont l'âme est impure. Tu prétends que ton peuple n'est que bonté et harmonie, et que seul Aylu possède une âme mauvaise. Vous n'avez donc rien à craindre : lorsque Bha désignera de son long bec Aylu, tu pourras facilement l'éloigner de la cité sans que l'on t'accuse d'injustice.
Allister remercia le vieux Sage et le lendemain, il dépêcha des messagers à chaque porte de la ville, pour convier son peuple au pont de la porte Sud. Trois jours plus tard, tout son peuple était réunit sur les berges de la rivière, à côté du pont. Du haut d'une estrade qu'il avait fait bâtir pour son épouse et lui-même, Allister harangua la foule :
 - Enutrof le Sage, qui lit dans nos âmes, commença-t-il montre nous par l'intermédiaire quelles sont les personnes dignes de vivre parmi nous. Que chacun des hommes et des femmes ici présents : ceux qui ont une âme bonne et innocente ne craindront rien, ceux qui ont une âme mauvaise seront punis par Bha, l'oiseau au long bec. Ces personnes seront chassées, car elles ne peuvent rester dans notre ciré réputée pour sa justice et sa bonté.

On décida de commencer par les hommes les plus sages : ils étaient au nombre de cinq, fiers et confiants malgré leur âge avancé. Lentement, ils montèrent les degrés du pont de pierre. Lorsqu'ils arrivèrent à mi-chemin, un immense oiseau aux plumes multicolores se mit à planer autour de leurs têtes en poussant des cris. En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, l'oiseau coupa une mèche de cheveux blancs de chacun d'entre eux d'un rapide coup de bec !
 - Comment est-ce possible ? Tonna Allister, tandis qu'un murmure réprobateur s'élevait de la foule aussi stupéfaite que lui.
 - Faîtes passer les cinq femmes les plus gentilles, ordonna-t-il.
Les femmes s'avancèrent sur le pont, et aussi prestement que la première fois, l'oiseau leur coupa une mèche de cheveux d'un coup de bec.
 - C'est à rien y comprendre ! Balbutia Allister qui n'en croyait pas ses yeux.
 - Faîtes passer les moines, alors ! s'exclama-t-il, sûr cette fois que l'oiseau ne bougerait pas. CLAC ! Bha n’hésita pas une seconde pour donner son coup de bec, et les fidèles serviteurs de Crâ, Féca, Enutrof et Sadida qui se trouvaient là, âmes justes et pieux dévots se retrouvèrent sans cheveux.

On fit alors passer les généraux, les miliciens, les marchands, les artisans, les paysans et les paysannes ... puis les jeunes gens et les jeunes fille. Bref, tous les habitants de la ville, et l'oiseau Bha ne chômait pas, taillant ci et là et n'épargnant personne. Vint enfin le tour du cordonnier Aylu.
  Si tous mes habitants on perdu leur natte, je me demande bien ce qui va arriver à Aylu, pensait Allister.
Le vieux bourru s'avança, monta prestement sur les pavés de pierres et continua. Quand il arriva sur l'autre rive, sa natte pendait encore dans son dos.
Tout le monde était émerveillé. Allister n'eut même pas le temps de prononcer un seul mot, que, dans les plaines qui bordaient le fleuve apparut le Sage Guahn.
 - Habitants d'Amakna, déclara le Saint Homme, vous croyez être des exemples de rectitude, mais si vous plongez les yeux dans votre âme, vous découvrirez que l'envie, la médisance, le mensonge et l'avidité y ont déjà prit racine. Derrière vos sourires bienveillants, vos paroles courtoises, vos mille gentillesses, vous n'êtes que méchanceté.
Seul Aylu a échappé à la punition de Bha, car il est le seul d'entre vous à n'avoir jamais feint. Certes, ses manières ne sont pas toujours très courtoises, mais il est sincère et ne connaît pas l'hypocrisie. Il ne fait pas mine d'être différend de ce qu'il est vraiment, il ne simule pas l'amitié ou la courtoisie. Il travaille consciencieusement et demande le prix de son travail, même si vous trouvez celui*ci trop cher. Il ne trompe personne, ne ment à personne et n'envie à personne. A présent, dispersez-vous et évitez, surtout toi noble Allister de juger votre prochain car seul Enutrof ou les autres Dieux connaissent l'âme de chacun d'entre nous.

Ayant dit ces mots, Guahn disparut et les gens s'en retournèrent chez eux. Depuis ce jour, la provin ce d'Amakna est vraiment exemplaire et heureuse : si certains se montrent parfois un peu plus grossiers ou coléreux que les autres, tout le monde est sincère et honnête.
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MessageSujet: Re: Contes et Légendes du Monde des Douze.   Dim 28 Nov 2010 - 15:26

V. Le foulard rouge


Par un jour ensoleillé de Fraouctor, un jeune éleveur de bouftous cheminait allègrement sur un sentier lorsqu'un son étrange attira son attention vers un arbre où un très vieil homme était adossé. Il martelait un talon de chaussure, s'interrompant régulièrement pour s'abreuver à un énorme pichet à demi caché par le feuillage.
"Voilà bien la première fois que je croise un Enutrof, se dit le bouftier. Je croyais en une fable ... Si celui-ci m'amène à son or, j'en aurai fini de peiner. Je ne dois pas le perdre de vue ".
 Il adressa le bonjour au vieil homme avec la plus grande courtoisie. Celui-ci lui répondit d'un signe de tête amical.
" Je me demandais, dit le garçon, si tu aurais la bonté de me révéler la nature de ton breuvage ?
 - C'est de la bière, marmonna l'Enutrof dans sa barbe, de l'excellente bière.
 - Je n'en doute pas, dit le jeune homme assoiffé par un soleil brûlant. Où l'as-tu donc trouvée ?
 - Trouvée ? Mais je l'ai fabriquée moi-même, bon seigneur ! Avec deux brassées de fruits de palme.
A ces mots, le jeune bouftier s’esclaffa. Tu ne me feras pas croire une telle baliverne, clama-t-il. Ce faisant, il exprima sans autre forme de procès son désir de goûter à cette bière-là. Pour toute réponse, le vieil Enutrof toisa le bouftier en signe de refus.
 - Tu ferais mieux de t'occuper de tes propres affaires plutôt que de m'importuner, lança-t-il. En ce moment même, tes bouftous sont tous égaillés dans le champ de blé de ton père et piétinent sauvagement sa récolte !

Prêt à courir pour remédier au désastre, le jeune bouftier se ravisa, estimant qu'il n'aurait pas deux fois la même chance. Plongeant sur le vieil Enutrof, il se saisit de lui, renversant au passage toute la bière ( qui soit dit en passant avait bel et bien été fabriquée par le vieil homme et non chez un bwork )  dans son élan.
Voyant ainsi se briser tout espoir de se désaltérer, le jeune bouftier se montra alors de fort méchante humeur. Tout en secouant le vieil homme trop faible pour résister, il s'écria :
 - Je veux savoir où tu caches ton or ; dis-le moi ou tu ne vivras pas une minute de plus !
 - Il se trouve tout près d'ici, gémit le vieillard. Suis-moi je vais t'y guider.
Il se mit alors en marche, le jeune impatient sur ses talons. Ce bien étrange couple longea la forêt pour se retrouver au beau milieu d'un champ où poussaient du blé, de l'orge et du seigle. Désignant alors une pousse particulièrement haute et épanouie, le vieillard dit :
 - C'est ici. Creuse donc et tu trouveras un coffre remplit d'or donc voici une clé, dit-il en lui tendant l'objet en question.

Tout à la joie de sa bonne fortune, le jeune bouftier mit un certain temps à se rendre compte qu'un outil lui manquait. Il ne restait plus qu'à aller chercher une pelle à la ferme.
Il noua prudemment un foulard rouge à la plante pour ainsi la retrouver sans peine à son retour. Cependant, un doute le taraudait.
 - Promets-moi de ne pas détacher ce foulard, siffla-t-il menaçant au vieillard.
Celui-ci le regarda droit dans les yeux et jura.
 - En as-tu fini avec moi, à présent, demanda le vieil homme avec un grand sourire ?
Le jeune bouftier réfléchit un instant.
  - Ce sera tout, dit-il finalement. Au revoir, et bon vent .. !
Sur ce, il se mit à courir à perdre haleine jusqu'à sa ferme et s'en revînt tout essoufflé, armé d'une pelle. Quelques minutes à peine s'étaient écoulées depuis le départ de l'Enutrof. Quelques minutes de trop, en vérité ! Des milliers de pousses s’agitaient à présent, toutes nouées d'un foulard rouge.

Le jeune garçon reprit en traînant les pieds le chemin de sa ferme, hochant sans cesse la tête.
La bière, l'or et son incroyable chance : tout ça lui était passé sous le nez.
Mais il serait inconvenant de rapporter ici tous les propos qu'il tenu sur le plus futé des Enutrof, tant ils sont grossiers.

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MessageSujet: Re: Contes et Légendes du Monde des Douze.   Mer 5 Jan 2011 - 18:57

VI. Les Trois Souhaits


Dans les temps anciens du Monde des Douze, vivait un pauvre bûcheron qui ne cessait de travailler du mieux qu'il pouvait afin de nourrir sa femme et son enfant, une ravissante jeune fille qu'il chérissait plus que tout.
Un beau jour, alors qu'il se rendait à la forêt près de laquelle il résidait, il aperçut près d'un vieux chêne que l'âge avait rendu tout desséché et recroquevillé sur lui même une fée des bois. Le pauvre homme, croyant rêver, se frotta énergiquement les yeux puis les rouvrit, mais l'étrange fée était encore là.
 - Je suis venue t'offrir trois souhaits, lui expliqua-t-elle. Les trois prochains souhaits que tu formuleras seront tous réalisés.
Le pauvre bûcheron, ne sachant comment remercier cette apparition, bredouilla quelques mots inintelligibles et prit ses jambes à son cou, ne sachant que penser de cette étrange fée.
Il revint dans sa petite maison tout essoufflé, et retrouva sa femme entrain de nourrir les bouftous. Il lui expliqua tout dans les moindres détails, et elle l'écouta attentivement jusqu'à la fin.
 - Hum ... Nous pourrions faire un voeux de fortune, suggéra-t-elle ...
 - Possible, mais en attendant j'ai faim, rétorqua le mari. Que mange-t-on au repas ?
 - Je n'ai préparé que quelques morceaux de viandes dans une soupe, répondit-elle visiblement gênée. Nous n'avions pas assez pour acheter quelque chose de plus consistant.
 - Et la petite ?
 - Il faudra bien qu'elle s'en contente.
 - Je rêverai bien d'une bonne saucisse de Bouftou ... Cela fait tellement longtemps que je n'en n'ai mangé ... dit son mari.
Et sitôt qu'il eut prononcé ces mots, une saucisse à l'aspect appétissant apparut sur la table, devant les yeux ébahis du couple.
 - Et v'la ! Un souhait de gâché ! maugréa la femme.
 - Je voudrais que cette saucisse se colle à ton nez ! répondit son mari, furieux.
Et la saucisse s'envola soudain pour se coller sur le nez de la pauvre femme, lui donnant un air ridicule tout à fait comique.
 - T'as une de ces têtes dit le bûcheron en pleurant de rire.
 - Tu vas voir ce qu'elle a ma tête ! Ou plutôt non, car je vais t’assommer dans la minute si tu ne t'excuse pas !
 - C'est bon, j'arrête répondit le mari, visiblement calmé. Et maintenant, que faisons-nous ? La fortune ?
 - Je ne pourrai pas en profiter, le monde entier se moquerait de mon allure.
Et le pauvre bûcheron, comme il avait bon coeur et ne souhaitait que le bonheur de sa famille, formula le voeux de redonner un aspect normal à sa femme, qui fut aussitôt réalisé.
Dès lors, la petite famille eut tout loisir de se repentir de n'avoir pu profiter des trois souhaits, et surtout de n'avoir goûté la saucisse, qui comme je le répète, paraissait excellente.
Aussi, veillez si un jour vous rencontrez une telle fée, de profiter comme il se doit des souhaits accordés !

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MessageSujet: Re: Contes et Légendes du Monde des Douze.   Ven 27 Jan 2012 - 22:59

VII. Le Boufton Bleu et le Boufton Vert


Il y a fort longtemps de cela, alors même que le Monde des Douze n'était qu'une petite terre couverte de végétation ; naquirent les premiers bouftons. Les bouftons blancs étaient blancs, et les bouftons noirs étaient blancs eux aussi. Un de ces bouftons vivait près d'un petit lac, dans un terrier qu'il avait creusé à la force de ses sabots, entouré de petits chênes qui veillaient sur son bien-être et sa bonne fortune. Mais voilà, ce boufton n'était pas heureux : il n'aimait pas la couleur blanche, et chantait souvent les Dieux pour voir sa laine devenir bleue.

Un jour, alors que le boufton blanc chantait à l'ombre protectrice d'un de ses amis, une divinité inférieure, qui résidait dans le lac près de lui l'entendit. La nuit tombée, l'esprit chuchota à l'oreille du boufton que s'il désirait devenir bleu, il devrait chanter chaque matin dans l'eau du lac, et ce pendant quatre jours entiers.
Le boufton, tout heureux de cette nouvelle aubaine, se mit alors à courir le Monde et conta à chacun la bonne nouvelle : les lacs réalisaient les voeux ! Et ainsi, tous les habitants du Monde des Douze furent au courant. Un boufton blanc, qui voulait devenir vert, suivit le boufton blanc qui voulait devenir bleu jusqu'à son lac. Et lorsque la nuit fut tombée, il parla au lac " Je veux devenir vert, dit-il, fais-moi devenir vert tout de suite ! " Mais le lac ne répondit pas.
Agacé, le boufton recommença plusieurs fois avant d'abandonner, comprenant que c'était inutile.

Le jour se leva, et le premier boufton plongea dans le lac pour chanter une belle mélodie à l'esprit.
Et il refit de même, chaque matin des quatre jours. L'esprit était comblé et lui accorda la récompense qu'il méritait : le boufton devint bleu. Tout content, il se retira et vécut toute sa vie différent, mais heureux.

Mais le seconde boufton avait observé la scène, et comprit que lui aussi devrait chanter pour réaliser son rêve. Il chanta donc lui aussi, quatre matins de suite, pour l'esprit du lac qui était ravi de sa voix.
Le matin du quatrième jour, il sortit du lac sans même prendre le temps de le remercier ni de s'ébrouer, et grimpa en haut d'une montagne pour montrer aux autres habitants à quel point il était beau.
Mais, alors qu'il entreprenait d'en descendre pour tirer profit de son nouveau titre de " chef boufton ", il trébucha et roula, encore tout mouillé de sa matinée dans le lac, jusqu'en bas de la montagne.

La poussière avait couvert tout son petit corps, aussi le boufton vert s'ébroua-t-il de longues minutes pour chasser la grisaille de sa belle laine verte. Mais la poussière ne voulut jamais s'en aller.

Jusqu'à aujourd'hui, le boufton vert a gardé sa miteuse robe grise, et les bouftons noirs sont ses fils.
Le boufton bleu, quant à lui, est resté ami avec les bouftons blancs mais ne raille jamais le boufton vert.
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MessageSujet: Re: Contes et Légendes du Monde des Douze.   Mer 13 Mar 2013 - 22:06

VIII. Lys et l'Enutrof.

C'est une très ancienne légende que je vais vous raconter aujourd'hui. Il y a bien longtemps, en Amakna, naquit une petite fille. C'était un soir d'été et la lune brillait déjà dans le ciel quand une guerrière Ecaflip la mit au monde : elle était destinée à servir Féca, mais ce ne fut pas ce qui frappa sa mère en premier. En effet, ce qu'elle put observer en son enfant fut unique, et tout simplement sublime. Elle vit une sagesse si profonde dans les yeux de la petite, une de ces auras de sagesse telles qu'on ne peut les voir que chez les plus vieilles âmes de ce monde, et accompagnée d'une si grande beauté qu'elle comprit dès lors que sa fille était destinée à quelque grand destin, incompréhensible, inaccessible au commun des mortels. Vous pensez que toutes les mères considèrent leur enfant comme le plus beau au monde, ce qui est vrai. Mais le sentiment de cette guerrière fut tout autre : elle fut prise d'un si grand respect pour cet enfant qui venait de naître, que ce n'était plus simplement de l'amour mais la plus simple vénération. Et elle ne s'était pas trompée. Sa fille, qu'elle nomma Lys en référence à la pureté de la fleur, grandit dans la lumière et dans la bonté. Elle devint une jeune femme admirable de courage, au cœur simple mais grand, et dont la beauté presque céleste éblouissait tous ceux qui se présentaient à elle. Au village d'Amakna elle était aimée et respectée - comment pouvait-on ne pas être saisi par la grâce en la voyant ? Et quand elle parlait, le timbre si gracieux, si doux de sa voix était tellement beau que tous se taisaient pour l'écouter.

Quand elle eut une vingtaine d'années, sa mère, la guerrière Ecaflip, mourut de vieillesse dans les bras de sa fille. cette dernière en ressentit une grande tristesse mais elle savait celle qui l'avait mise au monde tendre à l'égard de la mort : c'était, disait-elle, la volonté des Dieux, et l'on ne pouvait rien y faire. C'est ainsi que la disciple de Féca se retrouva seule dans une maison que l'aura maternelle n'avait pas quittée, et où l'on respirait bonheur et respect. Le temps passa dans cette même ambiance, et la magnificence de Lys ne cessait de s'accroître. On commença à lui connaître beaucoup de prétendants, bien qu'ils n'osassent pas se présenter à elle, par trop grand respect sans doute, ou par trop grande timidité. Son entourage affirmait en riant que seul un homme qui fut assez vieux pour avoir connu des centaines de femmes eut pu avoir assez de courage pour lui avouer sa flamme, et c'était proche de la vérité.

En effet, un très vieil Enutrof vint s''installer, quelques temps après, en province d'Amakna. Il était si vieux qu'il prétendait avoir vu toutes les contrées du Monde des Douze et voulait du repos. Il choisit comme havre une petite maison, située non loin du temple Sadida près duquel il savait une mine exploitable à ses heures perdues - car même les Enutrofs les plus vieux n'oublient pas le sens des affaires. En faisant connaissance avec la population locale, il apprit tout de suite d'existence de Lys, cette disciple de Féca dont la beauté, la grâce, la perfection même, lui furent vantés maintes et maintes fois. Il souhaita aussitôt rencontrer l'objet de ce qu'il prenait alors pour de vagues racontars, et se dirigea vers la bâtisse en question. Quelle ne fut pas sa surprise, quand il vit, devant le pallier, Lys, tout de blanc vétue ! Il crut voir le monde s'écrouler devant lui tant son sentiment était fort. "Cette femme n'est pas humaine, pensa-t-il, elle est tout simplement une Déesse. Ce n'est pas possible autrement." Il tomba donc follement amoureux de Lys, et voulut tout de suite la posséder. C'était un sentiment trop puissant, qu'il ne pouvait révoquer, une obsession pure et simple. Dès lors, il fut déterminé à se l'approprier et ne rêva que de ça.

Quelques temps passèrent et un plan germa dans l'esprit du vieil homme. Une illumination, même. Il s'arma alors d'une simple pelle et courut vers la montagne des Craqueleurs, au Nord du village. Et jour et nuit, il creusa, creusa, creusa. On raconte encore de nos jours qu'on ne le vit pas pendant plus d'une semaine, et que certains supposèrent même qu'il était mort. Cependant, sa besogne achevée, le vieillard revint chez lui. Il décida de mettre en oeuvre ce qu'il avait projeté la nuit même, et attendit que toutes les lumières fussent éteintes pour sortir de sa maison. Sans bruit, il se dirigea vers l'endroit où habitait Lys, où il supposait qu'elle dormait, et entra sans bruit par la porte d'entrée qui n'était pas fermée à clef - dans le village, chacun avait l'habitude de faire confiance à l'autre. Toujours sans émettre le moindre son, il s'approcha du petit lit dans lequel sommeillait la disciple de Féca, et brusquement lui plaqua une main sur la bouche et un ruban sur les yeux. Réveillée en sursaut, Lys tenta de crier, se débattit, mais rien n'y fit. La poigne de l'Enutrof, malgré son âge, restait de fer et la pauvre jeune fille ne pouvait résister.

La légende raconte que le vieil homme l'emmena dans un repaire secret, une chambre au plus profond de la Montagne qu'il avait creusée avec ses propres outils. Il avait creusé de si nombreuses galeries que le chemin pour s'y rendre était un immense labyrinthe dont lui seul connaissait les secrets. Il voulait en effet garder Lys pour lui et lui seul tant sa passion était immense, tant son orgueil l'était aussi. Et seul dans cette chambre dont les parois étaient de roche, il put l'admirer, la posséder autant que sa vanité le poussait à le faire. C'était son sa fortune, il la chérissait plus que toutes ses pièces d'or, qu'il avait d'ailleurs amassées dans un coffre, dans la chambre obscure. Mais le bonheur du vieillard ne dura pas longtemps. En effet, sans les effets bénéfiques de la lumière du Soleil, Lys dépérissait. Sa peau se fripa, ses yeux dont la couleur autrefois étincelait et chatoyait se ternirent, ses cheveux devinrent rêches sans la caresse du vent, et enfin elle ne souriait plus, restait recroquevillée dans un coin de la pièce.

Quelques semaines suffirent pour qu'elle tombe gravement malade, et quelques mois pour qu'elle meure. Le vieil Enutrof, rongé par le remord et par la culpabilité, se pendit près du cadavre de Lys. Et l'on prétend que dans la chambre, deux fleurs ont poussé. Une edelweiss pour honorer l'âme de Lys, et, près d'elle, un trèfle qui semble ternir sa beauté.


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Contes et Légendes du Monde des Douze.

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