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 Par-delà les montagnes : Résurrection

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Monarque de la Brume

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MessageSujet: Par-delà les montagnes : Résurrection   Mer 4 Aoû 2010 - 18:34

Rappel du premier message :

Ce manuscrit en mauvais état conte l'histoire de Wahn, le disciple d'Enutrof qu'un certain nombre d'entre vous connaît, et de son fidèle "serviteur", l'adepte de Pandawa, Lokri.
Cette histoire a été tenue secrète, jusqu'au jour où son poids devint trop important pour ne pas être délivrée au monde entier.
Néanmoins, toute l'épopée ne fut pas dévoilée dans son ensemble.
Jouant avec la patience des historiens, le vieillard décida de ne dévoiler qu'une page tous les deux ou trois jours, et promit que cette histoire pourrait à jamais changer la face du monde.

A ce jour, trois pages ont été publiées




PAGE 1 : LE HEROS

Chaque histoire a ses héros...
Chaque héros à son histoire...

Et ce sont parfois les personnages les plus banaux qui deviennent les protagonistes les plus importants d'un nouveau chapitre d'un récit sans fin.

Personne n'aurait pu prédire que le vieillard dont il est question dans ce conte serait amené à vivre des aventures dignes d'être enseignées aux adeptes de tous les Dieux.

Son physique repousserait même le plus téméraire des mercenaires : le crâne dégarni, la dentition ravagée par le temps et les nombreuses tranches de kanigrou séché, plat favori de notre retraité, la barbe blonde et mal entretenue, plus crasseuse encore que la tignasse d'un bwork...

Et pour cause, le vieil homme avait passé son enfance – certes, il y a fort longtemps, mais les séquelles demeurent – au milieu des montagnes, en compagnie de ces êtres difformes au langage incompréhensible ou presque du commun des mortels.
Nul ne sait pourtant comment un bambin, fils d'une bergère disciple de Feca, la protectrice, et d'un père dont il n'avait que peu de souvenirs, avait pu atterrir dans ce trou retiré de toute civilisation, un environnement si hostile.

Il aurait dû être ligoté, puis tranché pour servir de repas aux guerriers, archers et autres mages qui peuplaient ce campement aux allures primitives et au parfum nauséabond.
Il n'en fut rien...

Bworkassin, connu pour son attitude sanguinaire et peu clémente envers ses adversaires, se dirigea vers l'enfant enveloppé dans une vulgaire couverture en peau de sanglier.
Il l'observa de son regard ahuri tandis que le petit continuait son sommeil, nullement perturbé par le souffle chaud de la respiration du bwork.

Une ronde se forma autour de la scène.
Les femmes imaginaient déjà l'assaisonnement qu'elles pourraient préparer pour cuisiner ce charmant nourrisson tandis que les hommes se léchaient les babines à l'idée de dévorer de la chair humaine.

L'enfant fut alors présenté au ciel par le membre de la tribu, à la fois craint et respecté, et tous les autres reprirent en choeur le nom scandé, toutefois déçu de devoir se rabattre sur d'autres plats moins succulents... Wahn... Wahn... Wahn...

Wahn... Dorénavant, cet enfant n'avait plus de passé... Il se nommerait Wahn et porterait ce nom jusqu'à la fin de sa vie.
Wahn... L'adepte du dieu Enutrof, élevé au milieu des bworks...
Wahn... Le vieillard allongé en ce jour de Jouillier au pied d'un grand arbre, non loin du zaap du village, non loin de son village natal.

Hormis cet épisode de la découverte, il n'avait aucun souvenir de son enfance.
Des bworks, il n'avait gardé que l'odeur et la crasse.
Son langage semblait compréhensif, malgré un léger accent et des exclamations aussi douteuses qu'inquiétantes.
Ses manières étaient à des kilomètres de la barbarie que l'on rencontre habituellement dans ces contrées reculées de la montagne.
Il savait se montrer clément lorsqu'il le fallait, mais tout aussi impitoyable dans le cas contraire.

Ce jour donc, à l'ombre de ce vieux chêne, Wahn rêvait de belles femmes et de bonne nourriture, d'une vie en exil sous les palmiers d'Otomaï.
Son seul regret sur cette terre demeurait de n'avoir jamais rencontré une personne qui puisse partager sa vie et son avenir.

Il observait alors les nombreux passants de ce lieu fréquenté, jetant des coups d'oeil en coin sous les pagnes de quelques jeunes femmes isolées, en tâchant d'être discret.
Il s'efforçait de ne pas succomber à la tentation de mettre son poing dans la figure aux nombreux crieurs qui venaient perturber le chant des oiseaux et le bruit du vent dans les feuilles.
Il soupirait enfin, voyant les couples se rendre à la porte reliant le monde, partir en voyage pour des destinations romantiques, et s'imaginait une nouvelle fois, à la place de ces aventuriers chanceux...

Wahn fut alors tiré de ce rêve par un disciple de Iop fanfaron, fier de ses muscles et de son allure d'athlète qui lui apportait un certain succès auprès des femmes adeptes du dieu guerrier.
Le jeune homme souhaitait faire une démonstration de ses talents sur l'arbre qui protégeait le retraité des rayons du Soleil.


« Dégage papy, tu me gênes, ne fais pas attendre les demoiselles ! »

Par désir de contrariété, – ou peut-être n'était-ce que de la fainéantise – Wahn n'esquissa pas le moindre geste, et sortit un kama, s'amusant à le faire passer entre tes doigts.

« T'es sourd, déguerpis je te dis ! »

Cette fois, le disciple d'Enutrof leva la tête vers l'effronté.
Il jeta la pièce de monnaie en l'air, attendit qu'elle retombe sur le sol et la dissimula de sa main.


« Pile ou face ? Demanda-t-il.
- Tu crois que c'est le moment de jouer ? Fais moi la place, et va pourrir ailleurs, là où tu ne pollueras pas l'atmosphère !
- Pile ou face ? Répéta Wahn, calmement.
- Tu... Roh, et puis pile... »

Le vieillard dévoila la pièce à terre, et hocha la tête en signe de négation.

« Face, pas de chance... »

Saisissant à toute vitesse la monnaie, il l'envoya directement dans l'oeil de son vis-à-vis.
La pièce ne semblait pas vouloir se déloger de son nid, et le jeune homme hurlait de douleur :


« Enlève-moi ça ! Hurlait-il. Enlève-le ou je t'explose la cervelle ! »

Se levant lentement, et essuyant la terre sur ces vêtements à une vitesse plus que réduite, Wahn se dirigea ensuite vers le garçon qui l'avait agressé quelques secondes auparavant.
Il le saisit par les cheveux et le tira d'un coup sec en arrière.


« Tu ne croyais tout de même pas que j'allais te la laisser ? Dit-il en reprenant son kama »

Le retraité se dirigea alors vers la forêt, laissant le jeune disciple de Iop allongé et proie aux moqueries des témoins de la scène.

« Ah, ces jeunes... »

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MessageSujet: Re: Par-delà les montagnes : Résurrection   Mar 24 Mai 2011 - 16:55

PAGE 26 : LA CHAMBRE DU CORPS – LE MONDE DES SONGES

« Je me demande si sa vitalité sera suffisante... »

Dans la chambre du corps, le disciple de Sacrieur observait le corps inerte de Wahn, comme si le vieil homme se trouvait dans un sommeil profond.

« Je n'en doute pas un seul instant Kloume, répondit son acolyte. Il ne se doute pas encore qu'il se situe au beau milieu de ses propres rêves, à lutter contre ses propres démons. Mais l'heure viendra sous peu, lorsqu'il saura que la terre, l'eau, le feu et l'air qui se déchainent dans ce paysage ne sont que les manifestations de son esprit qu'il se doit de maîtriser et d'équilibrer pour parvenir à ses fins.
- Je sais tout cela... Il doit trouver les ressources pour lutter contre son pire ennemi : lui-même. »

Enfermé dans son monde paradoxal, Wahn se situait toujours au beau milieu de cette armée squelettique continuant sa marche vers le sommet du volcan.
Pieds et poings liés, il ne pouvait qu'observer cette marche qui le conduisait vers le cratère encore actif de la montagne de feu.

Il ferma les yeux un instant, cette aventure lui rappelant étrangement sa visite dans la chambre des flammes où il avait dû affronter un volcan imaginaire.
Mais ces ennemis-là étaient bien réels, et le combat qu'il avait mené, les plaies sur sa peau ne paraissaient en rien des inventions ou des illusions.
Pourtant, plutôt que de s'agiter, il tenta de contrôler ses sentiments et de méditer calmement.
Ils avaient encore le temps avant d'atteindre le haut de la montagne qui paraissait finalement bien plus imposante qu'elle n'avait l'air lorsqu'on la contemplait depuis son pied.

Inspirant profondément, il sentit de nouveau la terre s'agiter et crut entendre la chute de ses geôliers.
Ouvrant de nouveau les yeux, il put voir que son ouïe ne l'avait pas trompé malgré la vieillesse : les créatures se battaient entre elles, comme des chienchiens apeurés par l'orage.

A l'opposé de ses tortionnaires, Wahn semblait bien calme.
Sa respiration se calmait, courte et sereine. Son coeur cessait de lui marteler la poitrine face à la scène catastrophique et son esprit s'apaisait peu à peu.
Comme pour aller de paire avec ses impressions nouvelles, le ciel commença à se dégager et la tempête se transforma en une douce brise.
Seule subsistait la colère grondante du volcan et les ennemis d'os qui se chamaillaient de plus belle, laissant le vieillard de côté alors que les liens qui le maintenaient se desserraient lentement pour lui libérer les poignets et les chevilles.


« Ô, douce liberté, fit-il en se massant l'avant bras pris entre les cordes quelques secondes auparavant. Et maintenant, que vais-je faire de vous ? »

Rien ne semblait tirer les squelettes de leur dispute.
Face à une telle occasion, le désir de revanche du vieil homme se raviva et il commença à se préparer à affronter ses ennemis dans un combat qu'il remporterait cette fois.


« Je vous tiens, murmurait-il entre ses dents. »

Il semblerait pourtant que le volume était suffisant pour attirer l'attention de ses opposant, leu crâne se tournant d'un coup vers le retraité qui dût renoncer à sa bataille pour prendre la fuite.
Alors que de nouveau, les sentiments du vieil homme s'emballaient, le paysage laissa pour la seconde fois place à la destruction, aux vents déchaînés et aux averses.


« Est-ce que... »

Les questions naissaient dans son esprit face à ces épisodes météorologiques.
C'est alors qu'un morceau du sentier sur lequel il courait se détacha et que le vieillard dut se rattraper de justesse à la paroi afin de ne pas finir ses jours après une chute incroyable.


« Calme-toi Wahn... Si tes pensées dirigent ce monde, calme-toi... Mais pourquoi au lieu de squelettes affamés, je n'ai pas pensé à d'accueillantes demoiselles... »

D'ailleurs, alors que le travail d'esprit de notre héros continuait, ses ennemis l'avaient déjà rattrapé.
Suspendu à la seule force de ses bras - autant dire plus grand chose pour son âge avancé – et les pieds flirtant avec le vide, Wahn tentait de regagner son calme au plus vite.
Un sourire vint se dessiner sur son visage.


« Vous n'êtes que des illusions, comme tout ce que j'ai pu voir ici. »

Ses ennemis se regardaient tour à tour, sans comprendre ses paroles, tandis que le vieil homme fixait désormais la seule main qui le maintenait accroché à la montagne.

« Et j'ai l'intime conviction que ceci en est une de plus... On se retrouve en bas ! »

Lâchant prise, le corps de Wahn commença à prendre la vitesse en direction du sol, alors que l'ancien refusait d'ouvrir les yeux, occupé à trouver toute la paix dans son âme.
Les bras le long du corps, droit comme un I et filant à toute allure, il avait pourtant l'air de ralentir sous l'effet d'un vent ascendant.

Et alors que la distance qui le séparait de la terre diminuait, on pouvait voir une étendue d'eau naître à l'endroit où le retraité devait percuter le sol...
… Et il y plongea, son corps s'immergeant entièrement avant de refaire surface puis de gagner la terre ferme, riant aux éclats.
Un rire teinté de nervosité mais aussi de joie, le sentiment que son épreuve se soldait une nouvelle fois par une réussite, qu'il ne devait qu'à lui-même cette fois.

Le paysage disparut alors pour laisser place à la chambre qu'il avait quitté.


« Dommage, dit-il, je serais bien resté encore un moment.
- Vous avez su équilibrer les sentiments qui vous animaient, votre mission dans le monde des songes s'achève. »

Lui tendant un globe lumineux de couleur blanche, Kloume lui indiquait un autel semblable à celui de l'entrée.
Wahn observa le cristal qui se tenait entre ses mains.


« Et une nouvelle partie de l'Histoire se révèle. »

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MessageSujet: Re: Par-delà les montagnes : Résurrection   Dim 29 Mai 2011 - 22:00

PAGE 27 : DE PERE EN FILS

Wahn se dirigeait calmement vers l'emplacement sur lequel, en déposant cette pierre lumineuse, il verrait se dévoiler une autre partie de son Histoire et de celle du Royaume de la Brume.
Il songeait encore à son expérience dans la chambre du corps, plongé au beau milieu d'un rêve dont il avait inconsciemment, les commandes, et surtout à la manière dont il s'en était sorti, en faisant cesser aussi rapidement les tempêtes et les raz-de-marée qui agitaient son âme.

Il revoyait ce doux visage penché sur son berceau, lui faisant cesser ses pleurs d'un simple sourire, ce même visage maternel qui lui était apparu pour apaiser ses sentiments lors de cette épreuve.
Mais comment, lui qui n'avait aucun souvenir de son passé, pouvait-il encore ressentir ces évènements qui remontaient presque à sa naissance.

Déposant le globe sur son socle de marbre, il espérait trouver les réponses à ses interrogations, et se retrouva emporté par la Brume au beau milieu des ruines du premier Royaume, face au corps sans vie de Bworkassin.
Le Monarque se tenait également aux côtés du Wahn du passé, dévisageant cet homme qui lui rappelait un peu de sa jeunesse.


« Qui es-tu ? Demanda Lokri Ier. Es-tu mon ennemi ou mon allié ?
- A vrai dire, je n'en sais rien. Je n'ai combattu personne au cours de la bataille, mais je n'ai pas soutenu plus de monde. »

Des mots trottèrent alors dans la tête du souverain : Ni assaillant, ni assiégé, voilà ce qui qualifiait l'homme en cet instant, les mêmes mots qui apparaissaient dans cette prophétie annonciatrice de la destruction puis de la résurrection du Royaume.
Un sourire vint se dessiner sur son visage, bien que la Brume qui montrait ce souvenir refusait de montrer plus haut que la bouche du Monarque.


« Alors, laisse-moi t'emmener avec les survivants, nous avons beaucoup à t'apprendre »

A peine prononcés, une aiguille noire vint se planter sur le bras du Monarque, retenant un cri de douleur.

« Et bien, petit disciple de Feca, on en oublie ses armures ? Voilà pourquoi cette déesse est faible, parce qu'elle dépend sans cesse de sa protection sans oser passer à l'attaque. Mais regarde ce que cela a coûté à ton Royaume, Irkol Serpastion
- Mon nom est Lokri, Monarque de la Brume. Et toi Debrad, tu n'es que de la vermine qui mériterait de se retrouver à la potence.
- Oh, mais j'ai bien failli m'y retrouver par ta faute, mais vois-tu, je n'ai jamais vu supporter les cravates, je les trouve bien trop peu seyantes autour d'un cou fin et délicat comme le mien, ne trouves-tu pas ?
- La corde reste la sanction que tout traitre devrait avoir. Estime-toi heureux d'avoir pu t'échapper cette fois, mais le sort ne t'aidera pas désormais.
- Irkol, mon cher Irkol, fit Debrad, rieur. Tu ne m'as jamais battu, et maintenant que Xelor et la Brume m'ont accordé leur puissance, comment comptes-tu t'y prendre ? »

Une pelle apparut juste au-dessus de son crâne et les éclairs des nuages noirs vinrent converger en direction du transfuge de la Brume.
Le choc électrique ralentit les mouvements de Debrad, mais pas suffisamment pour que l'attaque suivante ne l'atteigne.


« J'ai aussi un compte à régler avec toi, fit Wahn, pointant une dague en direction de l'homme dont il ne savait pas encore la réelle identité.
- Bien, bien. Venez, petits porkass, que le grand méchant meulou vous arrache le groin ! »

Fonçant contre son adversaire, Wahn donna deux coups de lame qui finirent dans l'air et se baissa à temps pour éviter la riposte de son adversaire.
Derrière, le Monarque avait joint ses deux mains et lançait ses armures sur son allié du jour
.

« Quelle courage dans la bataille, cher souverain ! Ironisait Debrad. Envoyer un étranger combattre à sa place tout en faisant ses prières, quelle preuve de bravoure !
- Toujours aussi impatient à ce que je vois. »

La cape que portait Debrad s'embrasa et le disciple de Xelor ne tarda pas à remarquer le glyphe enflammé apparu sous ses pieds alors qu'il provoquait son vis-à-vis.
Distrait par cette attaque fourbe, il ne put qu'à moitié éviter le coup de son fils qui lui entailla légèrement le bras gauche.


« Voilà ce qui arrive lorsqu'on ne fait pas attention à ses arrières... Tu n'apprendras jamais...
- Ces contre-temps ne m'ont jamais empêché d'obtenir la victoire à chacune de mes batailles, répondit Debrad, joignant à la parole un regard noir de fureur.
- Vous dites si je dérange dans vos affaires de famille ! »

Wahn, qui se sentait un peu à l'écart entre ces deux personnages qui semblaient si bien se connaître, entreprit une nouvelle attaque mais ne rencontra que le rayon obscur de son ennemi qui l'envoya au loin, le terrassant d'un seul coup.

« Bien, reprit Debrad, maintenant que l'avorton dort en silence, revenons-en à nos bouftons. »

Les rayons du maître du temps se heurtaient au bouclier incandescent du Monarque, incapable de trouver une parade face à une telle domination, un tel acharnement.
Le mur de flammes protecteur commençait peu à peu à céder sous les répliques incessantes, malgré les efforts démesurés de Lokri pour le maintenir en place.
De con côté, Debrad ne semblait pas manquer d'énergie comme lors de sa confrontation avec Makalia, il avait su tirer les enseignements de ce point.


« Capitule et je te laisserai la chance d'avoir une mort plus digne que celle de ton misérable Royaume.
- Ma mort ne peut-être digne des mains d'une personne de ton espèce. »

Une pelle vint alors perturber la scène pour s'interposer entre les deux hommes, laissant au Monarque le temps de se téléporter derrière son adversaire pour lui asséner un coup de bâton dans le dos.

« Tu m'as déclaré hors jeu trop vite, fit Wahn qui venait de se relever. J'ai encore mon mot à dire. »

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MessageSujet: Re: Par-delà les montagnes : Résurrection   Mer 15 Juin 2011 - 18:26

PAGE 28 : LE POUVOIR DE LA BRUME

Sur les ruines du champ de bataille s'élevaient des colonnes de flammes engendrées par les glyphes incandescents du monarque déchu tandis que le ciel se zébrait des éclairs lancés par le futur Héritier de ce trône perdu.
En face, Debrad ne cessait de disparaître pour resurgir un peu plus loin et fuir de nouveaux sous le joug incessant des deux combattants.


« Vous ne tarderez pas à tomber en panne, lançait-il entre deux sortilèges. Et croyez-moi, mon marteau se fera une joie de vous faire le portrait. »

Le brasier se calma alors, le souverain du Royaume détruit avait cessé toute incantation.

« Il est fourbe, traître, psychopathe, et je suis certain que des milliers d'autres défauts pourraient convenir parfaitement à sa tête de Rat Klure pestiféré, mais on ne peut lui enlever cela : il est loin d'être stupide et l'a déjà prouvé plus d'une fois. »

Ce court répit parut suffisant pour le disciple de Xelor qui se rétablit et invoqua un énorme poing de bandelettes au-dessus des têtes de ses ennemis, fondant droit vers le sol grisé par la poussière et les gravats.

« Espèce de... »

La terre s'éleva alors pour entourer le groupe de résistants, formant un globe autour de leur deux corps qui retenait avec peine la frappe de Xelor que leur adressait Debrad.
Autour de Wahn et de Lokri Ier, un nuage de poussière grisâtre commença alors à s'élever, produit par le choc entre le poing et l'armure terrestre, et lorsqu'il se leva, les deux acolytes avaient disparus.


Un rire narquois vint alors animer la scène de destruction.

« Pauvre idiot... Te tuer ne sera jamais aussi facile, et j'en suis conscient... Ce n'était pas de la poussière. »

De fines mais longues aiguilles jaillirent des mains pour se diriger à l'endroit où ses proies se trouvaient, et la silhouette du Monarque, une main sur le ventre, s'y dessina.

« C'était de la Brume... Tu as appelé un souvenir qui montrait le champ de bataille pour me faire croire que tu avais utilisé la téléportation pour te mettre à l'abri, où que tu te retrouvais à six pieds sous terre, réduit en pâtée pour chienchien par ma frappe. »

Trois aiguilles s'étaient plantés dans l'abdomen du Maître des lieux, le sang venant colorer d'un rouge sombre ses vêtements.
Le Monarque étouffa alors une quinte de toux qui fit de nouveau s'échapper le sang de son corps, ce sang qui se joignit à la pierre des murs qu'il défendait et qui se retrouvaient désormais effondré comme un château de cartes sur lequel le vent venait de souffler.


« Je reconnais la Brume quand j'en vois, mais contemple plutôt les merveilles que Xelor et ce brouillard peuvent faire. Avant que tu ne meures, je vais te montrer une dernière fois ton palais. »

Les débris s'élevèrent dans les cieux sous un vent qui venait de naître, formant par ci par là des ébauches de maisons, de murailles, les débuts d'un pont brisé par l'attaque d'une catapulte.
Autour de la scène, une véritable tornade se formait, à mesure que les tours du palais se reformaient par enchantement sous l'influence de Debrad.


« Espèce de fou, fit Wahn, je vais te dresser. »

Wahn s'avança vers l'adepte du temps mais les flopées de briques et les éclats de bois formant les portes le contraignirent à rebrousser chemin.

« Avance, fit le Monarque. Ce ne sont que des souvenirs, ils ne peuvent te heurter.
- Erreur, ô toute puissante majesté de la Brume. Certes, le palais que vous voyez n'existe pas et s'évanouira dès que je l'aurai décidé. Mais la douleur que tu pourras ressentir par les rocs, les bois, les métaux, ne sera pas qu'une simple impression. Ils te maltraiteront la chair et te feront couler le sang avant de te réduire à l'état de charpie humaine qui pourrira sous les décombres d'un palais qui deviendra ainsi ton tombeau. »

Comme pour illustrer ses dires, un bloc de marbre vint heurter le flanc de Wahn, lui faisant poser un genou à terre.

« La Brume ne se contente pas de faire revivre les mémoires lorsque celui qui la manie possède suffisamment de pouvoir et d'ambition pour la contrôler. Le plus difficile reste de le maintenir. Une tâche aisée car vous n'êtes que deux à le voir et qu'il ne s'agit que d'un palais à reconstruire, mais imaginez la scène : le monde à ma merci, envahie par une armée de souvenirs. Des souvenirs qui viendraient vous arracher la vie avant de disparaître aussi rapidement qu'ils étaient apparus. Des êtres à la fois immortels et éphémères, puissants mais si vulnérables. Telle est mon ambition face à ce monde qui mérite un renouveau, et que j'apporterai. »

Les murs du château paraissaient achevés et la végétation repeuplait ce qui ressemblait à un square.
La rivière avait repris son cours, traversant le Royaume d'un mur à l'autre, tandis qu'une jeune fille puisait l'eau, une jeune fille à la chevelure aux couleurs des ténèbres, fredonnant l'air d'une musique connue dans un ancien village des plaines de Cania.


« Mais voyez-vous ça, fit Debrad sur un ton moqueur. Le premier amour de notre choupinet de Monarque, haut comme quatre pommes à l'époque, comme c'est mignon. Regarde comme elle est belle, Irkol, regarde comme on dirait qu'elle te sourit. Ah, moi aussi à ton âge, j'aurais craqué sur son minois enchanteur. D'ailleurs je me demande comment tu n'as pas pu rester plus longtemps avec ce joli bout de femme car... Oh, c'est vrai, j'oubliais »

Des soldats montés sur des dragodindes surgirent de nulle part et lui arrachèrent les vêtements avant que l'un d'eux ne lui plante son sabre en plein coeur.

« Triste fin, commenta Debrad sans en penser un traître mot. »

Le disciple de Xelor prenait un malin plaisir à faire revivre cette scène qui avait ouvert ensuite sur la découverte de la Brume.
Lokri Ier, toujours allongé, était forcé d'observer la horde de sauvages autour du souvenir du cadavre de son aimée.
Wahn, lui, ne savait que dire devant de telles horreurs, et ne savait qui des meurtriers ou de ce fou furieux était le plus atteint.


« Alors, Wahn, fit alors Debrad. Veux-tu revivre ton passé toi aussi ?
- Je ne connais pas mon passé, mais j'ai une idée de l'avenir, et je te ferai payer pour cette erreur.
- Oh, mais la seule erreur que j'ai faite fut de te faire mettre au monde, bien que tu m'aies servi je l'admets... Mais ne te fatigue pas, je la corrigerai moi-même. »

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MessageSujet: Re: Par-delà les montagnes : Résurrection   Jeu 14 Juil 2011 - 21:27

PAGE 29 : LA DERNIER EPREUVE

Le combat repris de plus belle entre Wahn et le perfide Debrad, alors que les débris du château continuaient de s'agiter et de perturber le déroulement de cette bataille, forçant le fils à se concentrer davantage sur les blocs de pierre et de marbre plutôt que de se focaliser sur sa cible.
De l'autre côté, le père chargeait son rayon, impatient de le lancer et d'en finir avec ce vaurien de fils qui ne lui était plus d'aucune utilité désormais, sa puissance ayant atteint un niveau bien au-delà de ses espérances.


« Inutile de t'épuiser à la tâche mon garçon, la mort ne t'en sera que moins agréable. Mais ne t'en fais pas, tu ne sentiras qu'un léger picotement à l'arrière de la nuque, une sensation d'engourdissement envahira alors tout ton corps, l'extase total tu ne trouves pas, hahaha ! »

Sur ces mots, il relâcha son attaque et le rayon obscur se dirigea droit vers Wahn, brisant les blocs flottants se trouvant sur sa route.
Le futur héritier eut toutefois le temps de plonger sur les côtés et de grimper sur un morceau d'une tour du palais qui commençait à rejoindre son emplacement originel.
Debrad imita alors son descendant, utilisant une plaque de bronze comme un moyen de locomotion céleste et l'orienta pour rejoindre son adversaire, tentant de le déséquilibrer.


« Tu as peur du vide ? Lança-t-il. Cramponne-toi bien dans ce cas, il paraît qu'il y a des secousses dans le coin. »

Ponctuant la scène de ce rire horrible qu'il avait développé depuis le début de ses temps de folie, le disciple de Xelor dirigea ces assauts sur le perchoir improvisé de son opposant, le faisant trembler à chaque impact .
La partie semblait alors gagnée pour l'être maléfique lorsque Wahn bascula de son roc et entama sa chute libre.


« Hé, le cinglé, attrape plutôt. »

Il jeta alors une besace sur le plaque de bronze et d'un coup de dague dans l'estomac, s'automutila pour en prendre la place, juste à côté de son ennemi.

« Et maintenant, Libération ! »

Le sort eu pour effet d'éjecter Debrad de ce promontoire, l'envoyant valser dans les airs avant qu'il ne lance un sortilège de Téléportation pour rejoindre une tour brisée en lévitation et s'y aggriper, fixant Wahn d'un air noir.
Tentant de trouver son équilibre sur cette pièce instable, le second maître de la Brume s'adressa alors à celui qui avait grandi chez les Bworks.


« Je l'admets, ce tour de passe m'a surpris, d'autant plus lorsque l'on connait l'entourage dont tu as joui durant toute ton enfance, et même ta vie actuelle.
- J'en ai d'autres en réserve au cas où tu aies encore faim.
- Quelle formidable scène. »

La voix d'une vieille femme se fit entendre alors que la scène disparut devant les yeux du Wahn du présent, le vieil homme en quête pour devenir le dirigeant de ce Royaume de la Brume.
A la place du chaos des ruines, le retraité se trouvait désormais dans une pièce étroite, ayant pour seule fourniture une table triangulaire et des tabourets situés au milieu de chaque arête, tous trois occupés respectivement par Wahn, cette vieille dame au sabre rougeoyant qu'il avait déjà rencontré et un Disciple de Xelor à la voix douce qui prit la parole.

« J'admets que lorsque l'on parle d'un héros destiné à sauver toute une nation, on s'attend à un peu plus de... charisme. »

Wahn encaissa la remarque sans broncher, sachant pertinemment que son crâne nu, sa peau ridée et son sourire horrible ne lui vaudraient guère les compliments d'une charmante demoiselle, à son grand malheur.

« Mais ce qui fait la grandeur d'un héros, reprit-il, c'est la puissance de son âme, pas de son hygiène de vie.
- Bien qu'un dirigeant à la bonne allure inspire plus aisément la confiance du peuple, continua Makalia...
- Suis-je arrivé ici pour subir les critiques des protecteurs de la chambre de l'âme ? »

Les deux concernés sourirent, et la dénommée Makalia s'avança, posant ses deux avant-bras sur la table et fixant Wahn droit dans les yeux.

« Précisément, oui. »

Elle se rassit alors sur son siège, laissant son collègue expliquer le principe de cette épreuve qui s'annonçait désagréable.

« Nous allons sonder votre âme, la pousser à bout, jusqu'à ses ultimes limites et nous userons tous les procédés mis à notre disposition. Ceci comprend les moqueries, les insultes, et les moments troublants de votre passé que la Brume pourra matérialiser devant vos yeux, tout ceci afin de nous rendre compte que votre âme est animée des plus purs motifs qui existent. »

Une sphère apparut alors au centre de la table, une améthyste mille fois plus rayonnante que les précédentes pierres des différentes chambres.

« Voici votre ultime fragment de mémoire et le passe-droit qui vous permettra de règner sur ces terres si vous veniez à réussir notre épreuve... Mais il symbolise également votre esprit, sa sérénité tout comme sa fureur.
- Plus la pierre brillera, continua Makalia, plus cela signifiera que votre esprit encaisse sans laisser de traces... Mais chacune de vos humeurs négatives lui fera perdre un peu plus de son éclat, jusqu'à ce qu'elle ne devienne plus qu'une vulgaire pierre et se brise, anéantissant tout espoir. »

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MessageSujet: Re: Par-delà les montagnes : Résurrection   Jeu 17 Nov 2011 - 19:54

PAGE 30 : SOLITUDE

Wahn pensait que son esprit avait déjà été mis à rude épreuve lors du précédent défi, mais le défi qui l'attendait s'apprêtait de nouveau à jouer avec ses sentiments et ses émotions. Le vieil homme fixait la boule de couleur violette au centre de la table, comme pour la sonder, espérant un signe d'encouragement, un espoir dans cette confrontation à l'ultime paire de protecteurs de ce Temple.
Mais la sphère restait immobile, narguant le vétéran depuis son socle d'or frappé des armoiries du Royaume de la Brume et de la dynastie Lokri, cette épée enfoncée dans la terre et dont une partie de la garde se trouvait occultée par un épais nuage, représentant la Brume éternelle.


« Commençons donc, fit Makalia. La Brume ne saurait attendre. »

La salle fut alors prise dans un brouillard pesant, et les silhouettes des deux Gardiens du dernier fragment d'âmes s'obscurcirent d'abord avant de s'évanouir dans les ténèbres de la scène. Ne demeuraient visible que l'améthyste et sa lumière tout aussi apaisante qu'oppressante et son socle flottant dans les airs. Le vieil homme aurait souhaité oublier cette pierre qui semblait le fixer tel un oeil de fauve dirigé contre sa proie, mais rien n'y faisait.
Des traits de dessinèrent alors dans l'obscurité, et le Soleil fit son apparition pour illuminer de ses rayons orangés un point d'eau au bleu cristallin au beau milieu de la forêt d'Amakna. La silhouette d'un vieillard affaibli par le temps et les épreuves se dessina alors près du lac, puis on put distinguer la barbe aux couleurs du blé et les habits sombres tels les ténèbres qui semblaient hanter son esprit, telles les ombres chassant le peu de lumière restant dans le coeur de cet homme.
Wahn se souvenait très bien de cet instant de recueillement, dans ce lieu connu de lui seul, cette cachette où il aimait se rendre dès sa jeunesse afin d'échapper au regard des Bworks, des adultes ne sachant que le réprimander pour son attitude trop humaine aux jeunes enfants s'amusant à lui lancer des pierres ou des haillons nauséabonds à la figure, se réjouissant de voir couler les larmes sur les joues de l'enfant qu'il était.
Trop civilisé, trop intéressé par les connaissances... Ces traits pareils à des qualités dans le monde humain ne formaient que reproches de l'autre côté des montagnes où Barbarie régnait en maître absolu. Le Wahn du présent observait cette image de lui, sentant l'émotion le gagner, sa gorge se nouer en croisant le regard vide et sans envie de ce vieil homme avachi contre la souche d'un arbre, observant le ciel resplendissant, sans un nuage en vue.

L'améthyste commença alors à se mouvoir, attendant simplement que le retraité craque face à ce souvenir pour bondir de son socle d'or pour se briser ensuite et anéantir tout espoir, ajouter un nouvel échec à la longue liste déjà écrite. L'illusion se dissipa alors, ramenant l'héritier de la Brume dans la chambre de l'âme face aux deux protecteurs du temple, s'apprêtant à lui poser leurs questions.

« Qu'avez-vous vu ? Demanda d'abord Makalia.
- Moi... répondit Wahn »

Le silence se fit dans la salle circulaire, et l'on n'entendit plus que les craquements de la chaise de chêne de la disciple d'Enutrof qui se balançait sans cesse, comme pour ajouter à la tension qu'éprouvait son vis-à-vis qui se pensait digne de diriger un Royaume.

« Et ? Insista-t-elle.
- Rien... Juste moi...
- Eprouver de la pitié pour sa propre personne traduit un évident manque de confiance en soi, l'incapacité de pouvoir tirer le meilleur de soi-même pour parvenir à ses fins, aussi minimes soient-elles. »

La pierre sphérique branla légèrement sur son socle avant de redevenir immobile. Wahn, pris dans son orgueil, prit cette dernière intervention comme une attaque personnelle et ses sentiments faillirent mettre fin à cette épreuve.

« La compassion serait donc interdite pour un souverain ? Interrogea Wahn.
- Laissez-nous donc cette lourde tâche de poser les questions, mon cher, contesta le disciple de Xelor s'étant contenté d'observer pour le moment. Nous souhaitons toucher tous les recoins de votre âme et y déceler la moindre faiblesse, et les sentiments les plus honorables révèlent bien souvent les déficiences de l'esprit humain. »

Sur son siège et le regard fixé sur le fragment de souvenir au centre de la table, Wahn ne pouvait qu'acquiescer les dires de son homologues tant il avait ressenti de sensations en revoyant ce tableau.
Solitude... Ainsi se résumait la vie de l'ermite Wahn jusqu'à présent, une éternelle solitude malgré un entourage et des soutiens qui le maintenaient sur pied, un vide constant qui le dévorait jusqu'au plus profond de son âme, une tristesse sans fin rongeant peu à peu les restes de cet ancien...
Personne ne détestait cet homme rieur, joyeux et souriant, malgré ses petits défauts qui en irriteraient plus d'un sans cette impression de bon vivant poursuivant sa route sans se soucier des lendemains incertains. Mais qui pouvait se targuer de l'apprécier vraiment ? De l'aimer ? D'accorder une quelconque importance à ce croûton qui n'avait au mieux que cinq années à vivre sur le Monde des Douze avant de partir errer au Royaume des défunts, ne laissant derrière lui qu'un héritage attirant les plus cupides esprits ?

Wahn caressa son crâne nu de sa main droite, fermant les yeux tout en poussant un profond soupir.
Il était conscient que d'une manière ou d'une autre, parvenir à faire vivre ce Royaume, à le relever et à lui créer une place dans le Monde des Douze était un moyen de se prouver que les échecs du passé n'influeraient pas sur l'avenir, que la solitude et la tristesse qu'il avait éprouvées ne seraient plus que lointain souvenir avant de découvrir la joie à laquelle il aspirait.

Et en débutant cette aventure, il avait accompli une partie de ce désir.

Il recommençait à rêver.

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MessageSujet: Re: Par-delà les montagnes : Résurrection   Lun 4 Juin 2012 - 15:42

PAGE 31 : DETERMINATION

Makalia sortit le vieil homme de ses songes pour le ramener à la réalité, la sombre chambre de l'âme s'apprêtant à juger la force et la noblesse de son esprit. Sur son socle, la sphère de couleur violette menaçait toujours de jaillir et se briser. Son tremblement régulier traduisait les doutes qui envahissaient l'esprit de Wahn, pesant chaque seconde un peu plus le poids de la lourde tâche qui l'attendait. Les convaincrait-il ?

Il n'eut le temps de réfléchir qu'une nouvelle scène se dessina, un désert désolé et un petit groupe de personnes connues du vétéran, se rassemblant autour d'un blason déchiré. Au fur et à mesure, chacun détourna ses yeux de l'étendard au fond jaune et à la croix inclinée rouge foncée, observant Wahn d'un air dépité.
Il y eut d'abord Elhagea, disciple de Feca cultivée absorbée par des études, meneuse de cette joyeuse famille bien trop vite absente. Sa silhouette se volatilisa alors que se tournaient désormais Layr, disciple d'Osamodas et Neykah, panda adepte de bière fraîche, bras droits de la première puis Elioida, disciple d'Eniripsa maître dans l'art de la modification magique. Tous, à tour de rôle, disparurent avant que la scène ne s'évanouisse et que le décor revienne aux ténèbres ambiantes de la chambre de l'âme.

On entendit Wahn étouffer un léger rire alors que l'améthyste ne broncha nullement, narguant les deux protecteurs de son silence et sa brillance. Ces aventuriers que la Brume avait révélé faisaient partie des figures importantes de ce que l'on nommait le « Clan Ehl », une communauté du monde des Douze dont Wahn occupait le poste de bras droit à ce moment.


« Pourquoi cette expression narquoise ? Questionna Makalia.
- Il n'est guère question de mépris dans mon attitude, rétorqua l'ancêtre. Je reconnais les compagnons qui ont parcouru un grand chemin à mes côtés, je reconnais la guilde dont je porte les couleurs en ce jour, je reconnais les espoirs de chacun de ceux qui se sont ralliés sous notre drapeau. Néanmoins, ma tâche se trouve désormais ailleurs. »

Wahn se tut un instant, trahissant un léger sourire de nostalgie.

« J'estime mon devoir dans leurs rangs accompli, continua-t-il alors. J'ai su maintenir cette assemblée, usant de toutes mes forces malgré les récents évènements. Et je m'aperçois aujourd'hui que ma place est ailleurs, mes ambitions supérieures.
- La soif de pouvoir vous envahirait-elle, fier Enutrof ? Demanda Silento, le disciple de Xelor
- Non, rétorqua Wahn. Simplement l'envie de lever le voile sur toute une communauté, sur toute une façon de vivre. Un rêve à réaliser, un destin à rencontrer.
- Mais vous avez échoué une fois avec ce clan désormais à l'agonie »

Le vieil homme fronça les sourcils et la sphère d'améthyste trembla légèrement avant de s'apaiser. L'échec... Rien que ce terme faisait pousser des boutons aux retraités, atteint dans sa fierté. Pourtant, il savait avoir fait son possible, et son for intérieur lui indiquait une nouvelle voie à suivre sur laquelle l'échec n'existerait pas.

« Ma détermination ne vous suffit-elle pas ?
- Les hommes les plus mal intentionnés s'avèrent toujours déterminés, répondit Makalia. Notre communauté a pu en faire l'amère expérience lorsque le traître Debrad découvrit les pouvoirs de la Brume. »

Silento hochait la tête de droite à gauche, soupirant, incapable de croire que l'homme en face de lui se trouvait être l'héritier du Royaume, le seul capable de ressusciter leur légendaire Assemblée. L'expression de sa collègue ne rassurait guère plus le disciple d'Enutrof, pas plus que le silence pesant qui envahissait la salle à cet instant. Wahn ne savait quelle attitude adopter, hésitant entre rompre ce silence et paraître arrogant aux yeux des protecteurs ou au contraire se défiler et remettre ainsi en cause toute la détermination qui l'animait.

« Vous avez raison, reprit-il finalement. »

Les deux disciples de la Brume se regardèrent sans comprendre. D'une simple phrase, Wahn avait réussi à inverser les rôles et se sentait momentanément plus à l'aise face aux regards interrogateurs de ses hôtes.

« Vous avez raison, j'ai échoué.
- Est-ce la marque d'un abandon ? S'inquiéta la vieille femme.
- J'ai échoué, reprit Wahn sans tenir compte de la question de Makalia. J'ai échoué dans ma vie d'homme aventurier en quête de trésor, j'ai échoué dans ma vie de guerrier pourfendeur de créatures et terreurs des continents, et j'ai aussi échoué dans ma vie de bras droit, accompagnant le blason que je défendais dans sa propre tombe. Mais dans toutes ces vies aussi distinctes soient-elles, j'ai su m'investir dans la tâche que je m'étais confiée jusqu'au dernier souffle, au dernier espoir. Aussi sages soient-ils, pas même les protecteurs de ce temple ne sont en droit d'en douter. »

Makalia ferma les yeux et baissa la tête, souhaitant dissimuler le léger sourire se dessinant sur son visage. Son acolyte, lui, ne masqua guère sa satisfaction, applaudissant le discours du prétendu héritier avant d'ajouter

« Pour la première fois depuis le début de notre entretien, seigneur Wahn, je tend à penser que vous pourriez représenter et défendre le Royaume de la Brume »

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MessageSujet: Re: Par-delà les montagnes : Résurrection   Mer 6 Juin 2012 - 19:58

PAGE 32 : SECRET DE FAMILLE

Fier de l'effet provoqué par sa dernière intervention, Wahn semblait prêt à affronter n'importe quel élément de son passé. Il ne broncha guère lorsque les protecteurs lui montrèrent les enfants bworks s'amusant à se lancer un livre appartenant au jeune Wahn, le faisant courir d'un bout à l'autre du campement. Pas un soupçon de haine au moment où la Brume révéla l'accueil froid et méprisant de la population amaknéene découvrant cet évadé du camp bwork, les vêtements en lambeaux, déchirés par une bataille dont on ignorait l'origine.


« Le fragment de passé suivant n'est pas des moindres, affirma Makalia. Mais je doute qu'il ne suscite la moindre émotion négative au vu de vos récentes performances. »

Une nouvelle fois, l'environnement hostile et sombre de la chambre des âmes s'évanouit, et le petit comité fut transporté dans une simple chaumière du Royaume de la Brume à l'intérieur de laquelle, assise sur un lit vétuste, une jeune femme allaitait son petit. Semblant nerveuse, elle ne cessait d'observer à tour de rôle la porte et la fenêtre de sa mansarde, tandis que le petit se mettait à brailler lorsque le sein de sa mère s'éloignait trop de sa bouche.

« Ne t'en fais pas mon petit, je te protègerai, lui soufflait-elle. S'il avait connaissance de ton existence, il me punirait sans doute... Je te protègerai, je réussirai là où j'ai échoué avec ton frère... Puis tu règneras et apporteras la paix au Royaume. »

La porte s'ouvrit à la volée pour se refermer aussi vite derrière un homme que Wahn reconnut aussitôt. Lokri VII, le même qui avait conduit Wahn jusqu'au Monarque puis au temple de la Brume, observait la jeune femme avec tendresse et admiration.

« Pourquoi tant de crainte, Felenaï ? »

La Felenaï que montrait ce passage ne ressemblait en rien à la jeune femme ravissante présente dans les autres fragments du passé. Si on lui accordait quelques airs de ressemblance, ses traits creusés et sa mine renfrognée la rendaient méconnaissable au premier abord. Et ce fut à ces mots que la sphère d'améthyste trembla une première fois pour se taire aussitôt, tel le battement d'un coeur.

« Et s'il me l'enlevait ? S'inquiéta la femme.
- Il est son héritier, il ne ferait telle erreur. »

Une nouvelle fois, la sphère se mut mais resta légèrement branlante sur son socle. Wahn, certes choqué par l'existence de ce demi-frère n'éprouvait pourtant pas la moindre colère envers sa mère. Les va-et-vient de la sphère lui restaient incompréhensibles alors que la scène se poursuivait.

« Je n'ai jamais pu revoir mon Wahn.
- Lui n'est pas le fils d'un fou furieux. Il est le fruit de notre amour et de nos sentiments, Lokri VIII, le prochain guide du Royaume de la Brume. Ce n'est pas le fils de Debrad »

La sphère explosa alors, blessant les trois protagonistes autour de la table ainsi qu'une immense douleur au coeur de Wahn. Plaquant sa main contre sa poitrine, le souffle du vieil homme se coupa net et il commença à suffoquer.

« Vous avez échoué, se lamenta Silento. »

Mais le retraité ne put entendre ces mots, trop pris par la douleur qui lui serrait la poitrine et lui engourdissait désormais les membres, faisant même naître une puissante migraine chez Wahn.

« Inutile de vous tordre ainsi, dit Makalia, vous ne changerez pas notre jugement. Je dois m'avouer déçue de votre attitude seigneur Wahn.
- C'est... »

Wahn ne réussit pas à finir sa phrase, coupé dans son élan par un mal lancinant dans le bas de son ventre.

« C'est... lui... »

Les deux membres du Temple échangèrent des regards d'incompréhension face aux paroles à peine audibles du vieillard recroquevillé sur lui-même. Celui-ci rampa jusqu'à la table pour se redresser, et s'avachir sur le siège qu'il occupait auparavant.

« Il... est furieux... souffla Wahn, reprenant peu à peu le contrôle de son corps.
- Inutile de vous mener en bateau, seigneur Wahn, répondit Makalia. Nous avons vu la sphère éclater lors de cette épreuve. Votre esprit ne semble pas digne de...
- Et les esprits de ce Temple sont des plus bornés qu'il m'ait été donné de rencontrer ! S'mporta le vieil homme. Supposés les plus sages de ce Conseil, vous n'avez donc rien ressenti ? Vous n'avez pas senti sa présence au long de ses épreuves ? Vous n'avez pas vu son courroux s'abattre sur cet améthyste comme un avertissement sans frais ? Comme le signe de la vengeance d'un homme meurtri par une trahison dont il n'avait nulle conscience ? »

La Brume envahit alors la pièce, laissant la silhouette du Monarque en personne se dessiner autour de la table de la chambre de l'âme. Le souverain leva alors le bras et pointa du doigt le mur de pierre de la salle sur lequel se dessina une nouvelle scène. Tous purent alors voir au beau milieu de la longue allée menant au trône, allongé sur le dos et trempant dans une mare de sang, le corps décapité de Lokri VII.

« Il a pu s'introduire parmi nous, soupira le Monarque... Il a pu déjouer la Brume que je contrôle si aisément, sans que personne ne s'en rende compte. »

La scène dévoila alors un disciple de Xelor aux bandelettes rougies par le sang de sa dernière victime. Le rire de l'assassin ne cessait de résonner dans la chambre de l'âme alors que celui-ci semblait prendre un plaisir sadique à jongler avec la tête du Pandawa gisant au sol. Alors que la scène s'évanouissait, le Monarque se lamenta.

« Debrad serait-il plus puissant que je ne le suis ? »

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MessageSujet: Re: Par-delà les montagnes : Résurrection   Jeu 1 Aoû 2013 - 0:10

PAGE 33 : L'ASSASSIN

Sans la moindre pitié, Debrad, l'exilé du Royaume, venait de prendre la tête du septième descendant de la dynastie des Lokri, et le rictus se dessinant sur son visage témoignait de la folie malsaine dont était emprunt le disciple de Xelor. Assister à cette révélation, cette trahison de la part de celle qu'il avait tant aimé avait anéanti le peu d'humanité restant en lui, le poussant à cet acte de vengeance, le début d'une noire série que son fourbe esprit se repassait sans cesse depuis son départ forcé.

Dans la chambre de l'âme, tous les regards se tournaient vers le Monarque, silencieux, honteux de voir ainsi l'élève surpasser le Maître et tromper la Brume comme on berne un enfant en bas âge. Dès lors, une course contre le temps s'engageait dans l'espoir d'arrêter l'élan destructeur de Debrad.


« Trouvez Felenaï et Lokri VIII, ordonna le Monarque. Gardez-les à l'abri et que tous les membres du temple se préparent à l'inévitable affrontement. Il arrive... »

Emporté par Silento et Makalia, Wahn se dirigeait vers l'entrée du temple, laissant le Monarque, songeur au milieu de la chambre de l'âme. Empruntant le même mécanisme qu'à l'aller, le vieil homme se retrouva vite au pied de l'immense tour blanche et s'empressa d'en franchir les portes pour découvrir un paysage de ruine et de désolation...

« Debrad aurait entièrement détruit le Royaume ? S'enquit Wahn, inquiet.
- Ne vous laissez guère méprendre, héritier. Il ne s'agit encore que d'illusion de la Brume qui se déchire d'elle-même, obéissant à deux maîtres que tout oppose. Vous ne voyez que le souvenir du Royaume perdu. »

Wahn ignorait combien de temps il était resté enfermé dans le temple, parti en quête de la confiance de ses protecteurs. Lorsqu'il levait les yeux au ciel, il apercevait la nuit noire zebrée par les bandes bleues d'un jour perçant, un ciel lui-même indécis dans la bataille que se livraient les deux seigneurs de la Brume.

« Les esprits de la Brume au service de Debrad et de Lokri Ier sont à l'origine de ces deux scènes entremêlées, commenta Makalia, bien que Wahn semblait conscient de ce phénomène. »

A droite, l'illusion d'un mur s'écroulant et soulevant la poussière, mais au-dessus de lui, la réalité d'un toit intact, fièrement debout, comme défiant à lui seul le champ de bataille. En un instant, la chimère s'évanouit, et le mur réel reprit sa place au milieu de la ville. Le vertige gagna le vétéran face à deux versions du Royaume s'opposant de cette façon, dans une valse infinie.

« Attention ! »

Makalia poussa Wahn sur le sol alors que la tour du temple se fissura et se brisa, tombant en direction de nos protagonistes. Mais avant même qu'elle ne heurte le sol, elle s'évanouit en un nuage de Brume et reprit sa place en haut du lieu de culte, dominant la cité de Brume, traversant ce ciel étrange de jour et de nuit.

Et dans ce spectacle mystique, au milieu des protecteurs faisant irruption depuis le temple, il arriva.
Portant encore le sang de sa dernière victime sur les bandes de ses bras, Debrad se téléporta au devant de la troupe, la fixant de ses yeux gorgés de sang. Le dément homme -à supposer que telle créature portait encore en lui la moindre trace d'humanité- tenait dans sa main gauche la tête de Lokri VII, un visage dont on devinait la souffrance précédant la délivrance.

Un incessant gloussement s'échappait de cette silhouette recroquevillée, un rire animal, le prédateur tenant sa proie entre ses griffes. La robe noire déchirée en plusieurs endroits ne faisait qu'augmenter le dégoût dégagé par l'abomination que Debrad était devenu au fil des ans. Rien à voir avec l'homme fort et loyal qu'il fut avant la création du Royaume. Rien de comparable à l'éminent Protecteur de la chambre de l'âme au côté de Makalia, imposant le respect d'un simple geste de la main à tout un peuple admiratif.

Non... Il ne restait qu'un monstre... Une bête... Une vermine comme tant d'autres dans l'immense Monde des Douze.
Sauf que cette vermine, on la craignait...


« Pardonnez l'attente que je vous ai imposé, puissants et dévoués gardiens du Temple. Toi aussi, mon fils. »

Sa voix semblait plus froide que le vent glacial des champs Frigostiens. Chaque mot prononcé s'accompagnait d'un malaise profond pour ceux qui l'écoutaient, d'une grimace de mal-être, un geste de nausée. Ses paroles résonnaient dans l'esprit de ses auditeurs dans un sifflement fort déplaisant, marquant à chaque fois l'inhospitalité de ce sombre personnage.

« J'attendais un accueil plus chaleureux de votre part, annonça-t-il de son habituel ton sarcastique. Je me suis permis de m'occuper de la décoration, j'ose espérer que nul ne m'en tiendra rigueur. »

Impassibles, les membres du temple observaient Debrad, attendant le moindre geste de sa part pour partir à son attaque. Silento dut d'ailleurs déployer tous ses efforts pour empêcher Wahn de se lancer dans un assaut vain au bout duquel la mort l'attendait inexorablement.

« Regarde-toi, Wahn... Tu n'es qu'un vieillard tenant à peine sur les deux membres te servant de jambes. Te voir en vie tient encore du miracle, et encore, en vie, me voilà bien clément... »

Clément... Dans la bouche de Debrad, ce terme tenait tout bonnement de la provocation.

« Mais tu n'auras pas eu une vie facile, mon cher enfant. Peut-être est-ce un peu de ma faute après tout, dois-tu me blâmer pour l'état de presque décomposition dans lequel tu te trouves... Mais après tout, tu me dois la vie, et tu me dois ta présence au milieu de ces bouseux de la pire espèce. Si seulement tu avais continué en si bon chemin. »

Un regard d'incompréhension se dessina sur le visage de Wahn

« Oh, bien sûr, que Xelor me pardonne, tu n'es pas encore au courant... Laisse-moi donc te montrer qui causa la perte du Royaume de la Brume. »

La scène fut brève. Dans une nouvelle illusion de la Brume, un souvenir matérialisé par les pouvoirs immenses de Debrad, Wahn eut toutefois le temps de comprendre les paroles de son père.

Il se vit au milieu d'un champ de ruines...
Il se vit au centre du Royaume de la Brume dévasté par l'attaque de Debrad...
Il se vit le regard empli de haine et de colère...

Mais surtout, il se vit l'arme à la main, transpercer le coeur du Monarque de la Brume

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MessageSujet: Re: Par-delà les montagnes : Résurrection   Mer 2 Oct 2013 - 17:30

PAGE 34 : Le dénouement

La scène jeta un froid dans toute l'assemblée de protecteurs du Temple, provoquant des balbutiements de stupeur et des doutes quant à la réelle personnalité de Wahn. Le vieil homme, lui, ne cessait de revoir la scène et s'imaginait épée à la main, brandissant son arme en direction du souverain avant de scelle son destin d'un fatal coup d'estoc.

« Mensonge, tu essayes de nous manipuler... »

Les mots de Makalia ressemblaient plus à un souhait qu'une affirmation, tant le ton de sa voix manquait de force et de conviction. Mais nul d'entre eux n'était présent lors du moment fatidique, les derniers instants d'Irkol Serpastion avant de rejoindre l'éternelle Brume... Aucun, hormis Debrad et Wahn... Et les événements reprenaient forme dans l'esprit de ce dernier.

« Il dit... la vérité... »

Les souvenirs de Wahn revenaient en cascade, du premier de ses jours au dernier de ceux du Monarque. Il pouvait presque sentir sa main crispée sur la garde de son arme et apercevoir le sourire de soulagement se dessiner sur les lèvres de l'homme qu'il venait d'éliminer sans la moindre forme de résistance.

« Mais je l'ai fait... pour lui...
- Vois-tu mon fils, commença Debrad, ce monde n'est ni noir ni blanc. Malgré des actes qui te vaudraient un exil aussi long et terrible que le mien, tu restes un serviteur de la Brume. Pourtant, la confiance que ces vauriens t'accordaient sans l'ombre d'un doute diminue comme peau de chagrin à mesure que l'Horloge tourne, et tu seras bientôt le traître, l'homme à abattre ! Regarde-moi Wahn ! Mon pouvoir est suffisant pour faire trembler Amakna et qu'elle tienne dans la paume de ma main et pourtant, jamais je n'ai entrepris d'envahir ces contrées ! Qui est le réel ennemi ? Dis-le moi ! »

D'un bond, Kloume s'était lancé à l'attaque de Debrad, mais le coup de pied qu'il lui destinait s'immobilisa en plein élan, avant que le gardien de la chambre du corps ne se retrouve transpercé d'aiguilles sur toute sa jambe droite et ne s'effondre de douleur sur les dalles grisâtres du Royaume.

« Où est-il, votre prétendu sauveur ? Continua le Xelor. Voyez comme il vous laisse à la merci de votre ennemi ! Il est seul... Seul et effrayé... »

De nouvelles aiguilles tombèrent du ciel comme la foudre des nuits orageuses et s'écrasèrent sur le disciple de Sacrieur déjà fortement amoché. Wahn parvint alors à se défaire de l'emprise de Silento et se saisit du sabre à lame rouge que Makalia portait dans son fourreau avant d'avancer d'un pas décidé vers son opposant. Il brandit l'arme au-dessus de sa tête, et alors qu'il s'apprêtait à frapper un Debrad immobile, ses muscles s'engourdirent et se crispèrent, empêchant le vieil homme d'achever son geste, tout comme Kloume fut incapable de porter le moindre coup au Xelor.

D'un instant à l'autre, Wahn s'attendait à voir défiler les aiguilles meurtrières qui lui transperceraient le corps face aux mines inexpressives des membres du temple. Après tout, ces prétendus hauts serviteurs de la Brume avaient à peine fait un geste de compassion envers l'un des leurs, que leur importait le sort d'un vieillard étranger à leur entourage ?

Les aiguilles apparurent dans le ciel tantôt clair, tantôt menaçant et fondirent en un instant en direction de Wahn. Celui-ci tentait de crier, mais aucun son ne sortit de sa gorge nouée. Mais lorsque les traits de feu arrivèrent à son niveau, ils se contentèrent de ricocher sur sa peau et tomber à terre. Libéré de son emprise, il put alors remarquer que sa mère l'avait secouru à l'aide des nombreux sortilèges que les enseignements de Feca lui apportaient.

Quant aux autres membres du temple, l'assaut de Wahn semblait leur avoir donné l'énergie et le courage de partir à l'assaut. Mais seuls Makalia et Silento de la chambre des âmes tenaient encore debout face au redoutable Debrad Num, maître de la Brume.

Aux alentours dans ce paysage toujours aussi lunatique, il apercevait tour à tour les corps des membres qu'il avait affrontés, tantôt calcinés par les rayons obscurs, tantôt écrasés par le poids d'un énorme poing bandelé, tantôt affublés des mêmes aiguilles que le malheureux Kloume. Wahn ignorait qui de ces personnages avait déjà rejoint la Brume ou ne tarderait à le faire. Il avait désormais un unique objectif.

Silento s'essaya également aux rayons, mais la puissance des attaques du protecteur ne valait rien face aux capacités destructrices de Debrad, lequel parvenait à encaisser sans broncher les attaques.
A l'opposé de Silento, Makalia peinait à trouver un moment de répit face à la fureur de son adversaire, et guettait le moindre signe d'épuisement de la part de ce dernier.

Wahn se rendit vite compte que ses alliés ne tiendraient guère plus longtemps et se rua dans la mêlée, tentant de distraire Debrad. Malheureusement, les coups ne parvenaient pas à transpercer à infliger la moindre blessure à Debrad, bien à l'abri ainsi momifié. Pire, chaque nouvelle attaque semblait blesser le vieil homme qui posa bientôt un genou à terre.


« Tu me déçois, je pensais pouvoir tirer quelque chose de toi, grogna Debrad tout en faisant s'effondrer un mur sur Silento grâce à un nouveau rayon obscur. Tu défends aveuglément ce Royaume d'illusions.
- Je défends les valeurs qui m'importent, rétorqua Wahn. »

Le retraité usa alors d'un sortilège de Libération déstabilisant Debrad et le repoussant plus loin, avant que Makalia, vigilante aux moindres détails du combat, tenta de briser l'envoûtement protecteur. En vain, le malin xelor eut le temps de placer un cadran entre son opposante et lui et ainsi préserver son armure.

« Tout n'est qu'illusion, Wahn, reprit-il. Y compris les terres que tu foules ne sont que le souvenir d'un monde qui a autrefois existé. Tu te replies dans un monde que tu souhaiterais voir naître et ainsi te convaincs que tu as ta place ici-bas.
- Ne le laisse pas te manipuler ! »

Felenaï intervint dans le combat et fit apparaître un glyphe aux pieds de Debrad. Les flammes s'élevèrent dans les cieux mais la danse du brasier n'intimidait guère le proscrit. Il s'amusait même de voir sa femme subir les brûlures qu'elle tentait de lui infliger.

« Et maintenant, ton tour ! »

Wahn ne bougeait plus. Trop intimidé ou sans doute trop éprouvé par tant d'effort, il laissa son père appuyer la main sur son front et préparer son ultime sortilège. Et alors que le faisceau lumineux se dégageait de la paume droite de Debrad, la silhouette du vieil homme s'évanouit dans un nuage de fumée.

« De... La Brume... »

Dans sa folie, le Xelor n'avait pas remarqué le stratagème. Le Wahn qu'il venait d'abattre n'était en réalité qu'une forme matérialisée par a Brume qu'il pensait entièrement contrôler. La suite fut inévitable, et après que Makalia ait enfin réussi à briser la protection de Debrad, le vrai Wahn se lança, arme à la main et transperça le coeur de Debrad.

Un éclat de lumière jaillit alors du bout de la lame, aveuglant tous les protagonistes, et lorsque le vieil homme rouvrit les yeux, il se trouvait dans une verte plaine où il se trouvait en compagnie d'un jeune berger.


« Rebonjour Wahn. »

Wahn reconnut à ces mots et à ce visage Irkol, plus connu sous le nom de Lokri Ier, le Monarque de la Brume, ou du moins, avant que sa propre lame ne lui ôte la vie. Il ignorait comment il avait atterri ici, mais face à tous les mystères que soulevait la Brume, celui-ci semblait tellement plus agréable. Il ne cessait pourtant de se répéter les paroles de Debrad dans ses derniers instants.

« Illusion, n'est-ce pas ? Commença Irkol. Debrad n'a pas tout à fait tort.
Lorsque tu parleras du Royaume de la Brume au Monde, qui osera croire à une telle folie ? Combien seront ceux qui te prendront pour un fou de croire qu'un simple brouillard puisse contenir tant de pouvoir, alors que toi-même ne peut en exercer aucun ? Pourtant, tu es conscient de ce que tu viens de vivre... »

Wahn ne pouvait douter de la réalité des événements... Et pourtant, tout cela semblait si improbable, qu'il s'agisse des épreuves du temple ou de la bataille qu'il venait de livrer.

« Certains pensent qu'illusion et réalité sont incompatibles, pourtant nous ne cessons de nous réfugier dans l'illusion lorsque la réalité nous dérange. Il existe une mince frontière entre ces deux mondes, que vous devrez représenter. Cette frontière qui fait que l'idéal ne sera jamais la vérité, et que la vérité ne sera jamais l'idéal.

C'est ce que Debrad a oublié, obsédé qu'il était par ce pouvoir qu'il pensait maîtriser dans sa totalité. Aujourd'hui encore, son esprit est prisonnier de la Brume et ne peut s'échapper des limites du Royaume. Mais il viendra un jour où il brisera ses chaînes et mettra en péril tout un peuple... »

La plaine disparut alors, et Wahn se retrouvait au balcon du palais de la Brume, une couronne massive sur le crâne et une épée à la main droite. Il méditait les paroles du Monarque, sans cesser de se questionner sur ce qu'il vivait. Il entendit alors sa voix résonner dans son esprit.


« Le Royaume que vous dirigez est à la fois une réalité et une illusion. Il sera libre à chacun de suivre ses pas ou de l'ignorer sans pour autant avoir tort de son choix. »

Wahn leva fièrement son arme sous les acclamations de la foule. Il ne comprenait pas tout, et tout ne serait jamais compris. Pourtant, il a conscience que même dans les idées et les projets les plus absurdes et insensés, il existe cette frontière qu'aujourd'hui il souhaite représenter pour tout une communauté.

Cette frontière, c'est l'espoir.


FIN


[HRP]Voici donc comme se termine "Par-delà les montagnes". De nombreux mystères restent entiers, et certains seront élucidés dans Prélude ou durant les différentes animations du Royaume de la Brume.

Mais le Royaume est, comme le montre cette ultime page, un recoin de mystères et d'illusion. Qu'est-ce qui dans cette histoire a été fidèlement retracée par celui qui le raconte ? On raconte que les historiens font parfois plus l'Histoire qu'ils ne la relatent. Ainsi est le Royaume : il a l'histoire qu'on lui donne, et la Brume a ses pouvoirs et ses mystères, sans pour autant que le Monde des Douze en ait jamais été affecté.

Je remercie ceux qui m'auront soutenu durant l'écriture de cette histoire qui aura duré tout de même un bout de temps ![/HRP]

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Par-delà les montagnes : Résurrection

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