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 Les Dieux Nous Entendent

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Dechronologue

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MessageSujet: Les Dieux Nous Entendent   Lun 23 Jan 2012 - 22:23



Les Dieux Nous Entendent
I. Jeunèse


" Au Commencement était le Vide. Le Vide était vide de tout, aussi bien de la vie que de la mort. Mais pourtant, il n'y avait pas rien dans le Vide. Il n'y avait pas rien, mais ce qui forma plus tard le rien était déjà là.
Puis vint le Rien. Le rien fut établi à partir du Vide ; un jour était Vide, le lendemain était Rien. Ce fut ainsi. Le Rien fut au Vide ce que le vide n'avait pas été au Rien ; c'est-à-dire rien.

Après le Rien s'annonça l'ère des Premiers Dieux. Nés d'une particule étrangère au Rien mais qui pourtant naquit du Rien, les Premiers Dieux créèrent l'ébauche du Monde tel que nous le connaissons, ou plutôt tel que vous le connaissez, sous sa plus simple forme. Ils étaient dénombrés au Nombre d'Un.

Au Commencement de leur ère, les Premiers Dieux créèrent l'air. L'air était une étendue infinie qui se dégageait du Rien, bien qu'entourée par celui-ci. Les Premiers Dieux se rendirent alors compte que l'air avait une propriété particulière, qu'il était spécial. L'un d'eux lui dit alors : " Que Quelque Chose soit ! " Et Quelque Chose fut. Les Dieux se penchèrent dessus pour l’examiner. Leurs études sur Quelque Chose durèrent plus longtemps que tout le temps lui-même, car cette Chose était le temps, mais cela, les Premiers Dieux ne le comprirent pas. Le temps, à leur insu, se joua d'eux et patienta comme il savait si bien le faire. Les Premiers Dieux en eurent alors assez d'attendre et tentèrent de détruire Le Temps qu'ils ne savaient pas nommer, pour s’efforcer de l'assimiler. Mais ils étaient trop vieux, et trop jeunes sur l'échelle infinie de leur ère, si bien qu'ils échouèrent. Le Temps emporta la bataille et les Premiers Dieux disparurent.

Alors commença l'ère de la Création.
Le Temps, au fur et à mesure qu'il vieillissait, devînt un Dieu et se nomma Le Déchronologue. Il vécut dans l'air pendant plus de temps que lui-même ne pouvait compter, mais vint l'instant ou il en fut lassé. Il entra alors une exaltation fébrile de création.
Dans un premier temps, le Déchronologue dit : " Que la terre soit ". Et la Terre fut. Mais la Terre ne suffisait pas. Il ajouta : " Que la Mer soit ! " Et la Mer fut.
Le Déchronologue arpenta la Terre et la Mer entourés de l'air, et ce qu'il vit lui plut. Et comme cela lui plaisait, le Déchronologue dit : " Que la lumière soit ! " Et il en fut ainsi. La lumière forma le Ciel, mais la clarté toujours plus intense éblouissait le Dieu.
Aussi dit-il : " Que l'Obscurité soit ! " Et l'Obscurité fut.
Ce fut ainsi que vinrent le premier Jour et la première Nuit. Et cela plut au Temps, qui pouvait apaiser sa soif de Lumière et sa soif d'Obscurité en un bref moment.
Alors il rassembla un Jour et une Nuit et dit : " Voici une journée ".
Il s'empara ensuite de la journée, la découpa en vingt-quatre parties égales, en prit une et la sépara en soixante autres parties qu'il dissocia en soixante autres parties égales elles aussi. Et c'est ainsi que furent les heures, les minutes et enfin les secondes.
Dieu les aima aussitôt et joua avec une journée, deux journées puis trois journées. A l'aube de la quatrième journée, Le Déchronologue, lassé par sa création, dit : " Que soit la Vie ! " Et ce fut ainsi que le Temps l'avait ordonné.

De la Vie vint la Seconde Génération de Dieux. Ils se comptèrent en Douze entités, aussi puissantes les unes que les autres.
C'est ainsi qu'Osamodas, Féca, Sram, Enutrof, Crâ, Pandawa, Eniripsa, Sadida, Sacrieur, Ecaflip, Xélor et Iop apparurent.
Avec l'aide du Déchronologue, ils accomplirent la majeure partie de l'oeuvre de la Création.
Chaque Dieu, à l'exception du Temps, créa deux êtres à son image : un homme et une femme, ainsi que les principales espèces animales et végétales et des minéraux : Le trèfle, le frêne, le blé, le fer ; la truite, le bouftou, le tofu et la larve. Et de chacun de ces êtres vivants se développa, sur un fil infini de milliards d'années, et donna naissance à toutes les autres espèces animales, végétales et minérales que vous connaissez.
Toujours sous le commandement du Déchronologue, les Douze Dieux du Monde qu'ils appelèrent ainsi s'extasièrent des communautés qu'ils avaient créé, notamment des hommes et des femmes (qu'ils nommèrent " humains "), dont l'intelligence surpassait celle de toutes les autres espèces.
Ils les observèrent, étudièrent leurs progrès pendant des siècles, des millénaires, des centaines de milliers d'années. Mais vint le jour, un million d'années après la création des humais, où naquit la haine et la révolte parmi ceux-ci. Un Osamodas avait découvert l'adultère, et avait été surpris en flagrant délit par l'homme trompé. Une bataille explosa alors, car les deux humains occupaient chacun une place importante dans la hiérarchie de la communauté humaine, qui s'était installée dans l'actuelle Amakna. Les Dieux, très intrigués, se penchèrent très attentivement sur l'action. Un sentiment tout autre que l'amour était né, et cela changea à jamais la face du Monde des Douze.
" Contaminés " par les mauvais sentiments de leurs humains, les Dieux mirent en place un plan pour détrôner le Déchronologue de sa place suprême. C'est ainsi qu'apparut la Conjuration Divine.
Les Douze, pour arriver à leur but, asservirent des humains plus naïfs que les autres et leur firent construire, dans le plus grand secret, un immense labyrinthe souterrain, quelque part dans les abysses des Mers. Sa construction dura, dit-on, dix vies humaines ; mais jamais le Déchronologue n'en fut informé. Puis les conjurés, dans leur soif de pouvoir, mirent leur plan à exécution. Le Dieu Sram se présenta au Temps et prétendit qu'il avait découvert quelque chose d'extraordinaire, de surpuissant, quelque chose que le Déchronologue seul était digne de voir ; tandis que les onze autres Dieux réunissaient leurs force pour créer un immense tourbillon sous-marin capable d'entraîner leur maître au plus profond des eaux. Leur plan se déroula à merveille, et le Temps tomba, tomba, avant même de se rendre compte du piège que les Douze lui avaient tendu, et fut enfermé à jamais dans le Labyrinthe que la légende surnomme « Labyrinthe de l'Oubli ».
Mais certaines personnes prétendent que depuis des millions d'années, le Déchronologue a réussi à s'échapper, et qu'il vit désormais sous une apparence humaine, prêt à tout pour prendre sa revanche. "
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MessageSujet: Re: Les Dieux Nous Entendent   Mar 10 Avr 2012 - 22:07

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II. L’Échappée

Le Labyrinthe de l'Oubli était effrayant. Il se constituait d'un immense tas de coraux, d'algues, de pierres et de plantes sous-marinés si bien organisé qu'il dépassait les deux cent mètres de hauteur et était infranchissable. On l'avait creusé si profondément dans les abysse de l'océan qu'aucun rayon de lumière, même le plus infime, ne parvenait à percer son obscurité. Mais dans son premier aspect repoussant, il aurait pu avoir quelque chose de majestueux. Ses murs, qui s'élevaient à l'infini, possédaient une beauté mystérieuse, interdite, si époustouflante qu'un autre que le Temps serait mort rien qu'à sa vue. On dit que certaines choses ont ce pouvoir, le pouvoir de causer la mort à quiconque les découvre. C'est une nature très particulière que je ne développerai pas ici, mais sachez simplement, mes chers lecteurs, qu'il est des mystères dans ce Monde que même les Dieux ne peuvent comprendre. Et bien qu'ils eurent eux-même créé le Labyrinthe de l'Oubli, il ne le comprenaient pas plus.

On raconte que le Déchronologue, peu de temps après sa défaite face aux Douze Dieux et son emprisonnement dans le Labyrinthe, s'enferma volontairement dans un sommeil artificiel pour éviter de tomber dans l'oubli. Il avait dû pour cela puiser au plus profond de ses forces déjà très affaiblies, afin de parvenir à s'isoler mentalement de tout l'univers alentour - car c'était avant tout cela, son hibernation, un isolement total, une paix sereine.

Et le temps passa, passa encore,et vint un beau jour le moment ou tout le monde, y compris les Douze Dieux, oublia jusqu'à l'existence du Déchronologue. Tranquilles, allongés sur leurs lauriers, les Traîtres perdaient peu à peu la mémoire. Le passé échappait à leur contrôle sans qu'ils s'en rendent seulement compte, c'était la loi inaltérable du Temps, de la Mémoire. Si elle n'est pas transmise elle se perd, et au fil des années, elle se perdit. Seul le Déchronologue lui-même aurait pu s'en souvenir, mais il était endormi, et rien ne pouvait laisser supposer qu'il se réveillerait un jour.

La légende raconte qu'au bout de 100 000 ans fut offerte au Déchronologue l'occasion de s'échapper. En effet, un soir - ou était-ce un matin ? - le Labyrinthe, fatigué de garder le Temps en captivité depuis toutes ces années, le réveilla. Le mot est d'ailleurs un peu faible, car pour arriver à ses fins, il dut provoquer une tempête telle qu'elle inonda toutes les îles se trouvant aux alentours. Et l'on raconte que jusque dans le continent d'Amakna on entendit ce tonnerre gronder encore et encore, pendant des jours entiers. Le peuple crut qu'il avait provoqué la colère des Douze et fit des offrandes, des prières, des cérémonies en leur honneur. Les Dieux virent la tempête, virent le peuple, mais ne comprirent pas.
Quoiqu'il en soit, dans les abysses abyssales, le Déchronologue se réveilla. Et lui n'avait rien oublié, ni le Complot, ni la Trahison, ni le Labyrinthe. Ni sa vengeance.
Le Labyrinthe laissa passer le Déchronologue qui ne le remercia pas. On ne remercie pas ses geôliers, c'est une question de principe. C'est donc pour ça qu'il ne le fit pas, bien que l'envie ne manquât pas.

C'est ainsi que le Déchronologue se retrouva dehors, au grand jour. Et quand il découvrit ce qu'était devenu le Monde, il se dit qu'il aurait peut-être dû rester au fond de l'océan.
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MessageSujet: Re: Les Dieux Nous Entendent   Sam 2 Juin 2012 - 10:14

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III. La Fusion

Et le Temps émergea des Océans. Son corps immatériel resplendissait de majesté tandis que le soleil matinal, semblant épouser ses formes, rendait le spectacle splendide. On raconte que deux Enutrof qui pêchaient non loin de là, virent le Déchronologue, esprit mouvant éclatant de majesté, fendre l'eau et s'inclinèrent aussitôt, pris d'un respect profond et d'une vénération sans limites envers celui qu'ils ne connaissaient pas encore mais dont la force s'imposaient déjà dans leur esprit.
Le Déchronologue sembla planer dans les cieux quelques infimes secondes puis son âme se posa légèrement sur le rivage qui parut un instant comme éclairé d'une lumière céleste. Et il vit à ses pieds, le regard plein d'admiration d'un tout jeune disciple de Zobal qui s'avançait vers lui. Et le disciple lui dit sans une once de peur dans la voix :
« Qui es-tu ? Je ne te connais pas. »
Touché, le Déchronologue répondit :
« Je suis le Déchronologue, un des Dieux les plus anciens de ce monde. »
Les petits yeux bleus de l'humain scintillèrent d'une lueur curieuse.
« Que viens-tu faire ici ? Je n'avais jamais vu un Dieu avant toi. Ma maman a raison. Je devrais les prier plus souvent. »
« Je viens chercher une âme qui puisse m'accompagner partout où je vais. Veux-tu être celle-ci, jeune homme ? »
Le disciple de Zobal fit « oui » d'un signe de tête sans l'ombre d'une hésitation. Jamais on ne l'avait appelé « jeune homme » auparavant.

Et le Déchronologue s'empara du corps et de l'esprit du Zobal dans une fusion éclatante de beauté.
Le Zobal devint le Déchronologue et le Déchronologue devint le Zobal.
Ce fut beau.
Tout simplement beau.
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MessageSujet: Re: Les Dieux Nous Entendent   Mer 4 Juil 2012 - 21:51

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IV. L'Aventure


La Fusion était accomplie. Le Déchronologue était désormais un Zobal et ce Zobal était le Déchronologue.
C'est ainsi que naquit Dechronologue, disciple de Zobal. Mais le Temps n'avait pas oublié sa vengeance. Et à partir de ce moment, il décida de mettre tout en oeuvre pour renverser les douze Dieux. Il donnerait sa vie pour cela, s'il le fallait.
Mais pour arriver à ses fins, il fallait qu'il fût fort. Beaucoup plus fort ! Il n'était encore qu'un jeune Zobal à peine sorti de l'enfance. Il devait gagner en puissance, en force, en maturité, en tout ce qui avantagerait son projet. Et c'est ainsi que l'Aventure commença. Et le Déchronologue combattit. D'abord des monstres de faible capacité, comme des pious ou des crabes, mais il gagna vite en expérience et s'attaqua aux sangliers, aux bouftous les plus forts ainsi qu'à de petites créatures de pierres dont le nom ne resta pas dans sa mémoire (car le Temps se souvenait de trop de choses pour avoir assez de place pour tous ses souvenirs... On suppose aujourd'hui qu'il faisait le tri ; c'est-à-dire qu'il avait une mémoire sélective. Mais c'est un autre sujet, digression terminée).
Et donc plus le temps passait, plus le Temps devenait fort. En effet, il avait choisi la voie de la Terre, de la force pour débuter. Il comptait bien changer un jour, mais pour le moment cela lui suffisait largement : le cercle 26 lui avait apporté Furia, un sort de grande puissance qui laissait déjà entrevoir d'excellentes aptitudes au combat pour le Déchronologue.
Vinrent ensuite d'autres sorts plus ou moins importants, d'autres créatures à affronter, d'autres donjons à terminer. Le Déchronologue gardait son esprit de révolte et c'est cela, qui, je crois, lui permit d'affronter toutes les épreuves qui se situaient sur son chemin. A chaque fois qu'il fendait d'un coup d'épée le crâne d'un chafer ou la tige d'un tournesol, c'était en imaginant les Dieux périssant sous ses coups. Et il savait que chaque minute qui passait le rapprochait de son jour de gloire. Il en était certain. C'était le plus important.
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MessageSujet: Re: Les Dieux Nous Entendent   Mer 14 Aoû 2013 - 20:18

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V. La Solitude

Le Déchronologue commençait à aimer sa vie humaine. Non pas qu'il la préférait à son existence divine, mais il la trouvait plus simple, moins contraignante. Lui, qui n'avait jamais été vraiment heureux, se demandait si le bonheur n'était pas un sentiment exclusivement humain. Et c'est en se posant toutes ces questions qu'il réalisa qu'il était seul. Oui, seul. La solitude, pourtant, était un sentiment qu'il n'avait jamais pu définir auparavant. Dans le Krosmoz, en effet, elle était si pesante qu'elle en devenait habituelle, qu'il n'y avait jamais réfléchi. Mais à cet instant, alors qu'il voyait, dans les villages, des groupes d'humains rassemblés, des enfants jouer en bandes à l'orée des forêts... il voulut ne plus être seul. Alors, il résolut de chercher un groupe auquel il pourrait appartenir. Il avait entendu parler de sortes de confréries, des guildes, qui liaient des aventuriers partageant les mêmes idées entre eux. Peut-être que l'une d'elles accepterait de l’accueillir. Il ne voyait pas pourquoi on le refuserait. Après tout, il était un Zobal normal. En apparence, du moins. Cependant, le Déchronologue ignorait comment trouver ces fameuses guildes. Il lui semblait qu'elles arboraient des blasons pour être reconnaissables et qu'elles invoquaient des gardiens destinés à lever des taxes, mais il n'en savait pas plus. Quand il était un Dieu, il ne s'était pas beaucoup intéresse aux activités humaines. Elles lui semblaient frivoles et si éphémères... A présent qu'il évoluait parmi les humains, il se rendait compte à quel point il s'était trompé. Les hommes avaient une vie certes courte, mais peuplée de sentiments uniques, que les guildes contribuaient à créer.

Au détour d'un chemin, le Dieu déchu se décida à aborder un groupe de disciples de Crâ qui s'entraînaient au tir à l'arc. Ils avaient placé en ligne, à environ trente mètres, trois cibles de couleur rouge et blanche. Munis de leurs arcs en bois de chêne qu'ils bandaient pour viser la cible et relâchaient pour libérer la flèche, ils semblaient s'exercer dans la bonne humeur, mais avec sérieux. Le Déchronologue s'approcha doucement et héla l'un deux :
- Hé, bonjour à toi, Disciple de Crâ.
L'archer se retourna, non sans quelque surprise :
- Bonjour ! Que nous vaut cet honneur, disciple de Sadida ?
- Je suis à la recherche d'une guilde qui pourrait m'accueillir. Pourrais-tu m'en dire plus à leur sujet ? Là d'où je viens, je n'en n'ai jamais vu, répondit le Déchronologue.
Un peu surpris, l'autre lui demanda :
- Un endroit sans guildes ? Je ne savais pas que ça existait. D'où viens-tu ?
- D'un petit archipel au large de l'île d'Otomaï, prétendit-il après une brève hésitation. Il croyait en effet se souvenir de l'existence d'un tel archipel. Il se trompait, mais fort heureusement, le disciple de Crâ semblait avoir une connaissance assez approximative du Monde des Douze.
- Ah, tu viens de loin, donc. Que veux-tu savoir ?
- Je me demandais où les guildes avaient l'habitude de se rassembler, et s'il existait une liste de celles-ci.
- Je fais partie de la Confrérie des Archers d'Amakna, et nous nous réunissons dans une maison, au village. Je sais cependant que d'autres communautés ont l'habitude de se rassembler près des Zaaps. Tu devrais fouiner dans ce coin-là. Et pour une liste... Me semble que tu peux en trouver une à Astrub, mais je saurais pas t'en dire plus, ajouta le disciple de Crâ avec un sourire honnête.
Le Déchronologue, enchanté, quitta son interlocuteur, non sans l'avoir remercié chaleureusement, et prit la route d'Astrub. Là, pensait-il, sa solitude prendrait fin.
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MessageSujet: Re: Les Dieux Nous Entendent   Dim 23 Mar 2014 - 2:34

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VI. La Brume


Astrub. Une cité fourmillante, des hommes, partout. Déjà, alors qu'on n'apercevait qu'à peine, à l'horizon, les murailles de la ville, le Dechronologue entendait la rumeur profonde qui en émanait. A mesure qu'il s'approchait, il s'emplit de ces sons particuliers qui commencèrent rapidement à se compléter d'odeurs fortes de nourriture, de foin et d'autres choses, moins agréables. Puis, se dessinèrent les silhouettes de la foule. Elle s'étendait bien avant les murs d'enceinte et le Dechronologue s'y mêla. Rapidement perdu, il se laissa emporter par ses mouvements lents et effrénés, progressant ainsi jusqu'au coeur de la cité.
On pensera sans doute qu'au milieu de cette cohue, le Dechronologue perdit tout ce qui subsistait en lui de solitude. Pourtant, par un effet étrange, il ne se sentit jamais aussi seul qu'en ce moment. En effet, la vue tous ses visages inconnus, animés chacun par des expressions et des émotions si humaines et desquelles il se croyait étranger, ne fit que conforter notre jeune homme dans son malaise. Tout cela renforça sa détermination à trouver sa place dans un monde qu'il croyait ne pas comprendre, en commençant par rejoindre une communauté humaine. Une guilde. Egaré dans ses pensées, il avait oublié son but premier. Le Dechronologue secoua la tête. Que lui avait dit le disciple de Crâ avec lequel il discuté, quelques jours avant ? Il ne parvenait décidément plus à s'en souvenir. Qu'importe ; des guildes, on devait bien en trouver à Astrub.

Il se rendit alors compte qu'il était arrivé près d'une grande bâtisse qu'il supposa être une taverne. Ne sachant que faire d'autre, il poussa la porte et se trouva plongé dans l'atmosphère pesante d'une salle enfumée, à demi-éclairée seulement par des bougies suspendues au mur. Ça sentait la bière, la chaleur humaine, ça ne ressemblait pas à grand chose. Le jeune homme se fraya un chemin jusqu'au tavernier, auquel il commanda une boisson qui lui semblait convenable. Puis, constatant que celui-ci n'avait pas l'air trop occupé, il entreprit d'engager la conversation. Il parlèrent de choses et d'autres, du temps qu'il faisait, de la saison des récoltes qui approchait, d'un pan de mur de la taverne qui menaçait de s'écrouler, mais surtout, ils parlèrent des guildes. Le tavernier, qui écoutait souvent les histoires de ses clients, était un puis de savoir presque infini sur tout ce qui touchait aux communautés humaines et à leurs intrigues. Les guildes, dit-il, au Dechronologue, ne sont pas fréquentées par des gens de bien. Il ne s'agissait, selon lui, que de groupuscules louches fondés, pour la plupart, sur l’appât du gain et où les nouveaux venus étaient dépouillés aussitôt après avoir été accueillis.
Cette description sembla bien terrible au Dechronologue, qui commençait à perdre l'espoir de trouver une compagnie qui lui convienne. N'y avait-il donc pas des exceptions, des groupes dans lesquels régnaient cohésion, camaraderie et solidarité ? Le Tavernier réfléchit un instant, puis évoqua un nom. Le Royaume de la Brume, un endroit bien mystérieux dont l'existence, affirma-t-il, était plus légendaire qu'autre chose, mais qui était célèbre pour réunir des aventuriers au grand coeur et partageant des valeurs communes. Le Dechronologue, piqué de curiosité, voulut des détails. Le bon tavernier, qui avait vu passer plusieurs de ceux qu'on appelait les "brumeux", ne se fit pas prier deux fois. Il lui parla de Wahn, l'héritier de ce "Royaume", de son général et des disciples de la Brume. Il lui dit même, comprenant l'intérêt du jeune homme sur cette étrange communauté, comment on pouvait y entrer. Il fallait envoyer à ses membres une lettre aussi longue que possible, répondant à des exigences toutes particulières dont la signature d'un serment d'allégeance au Monarque de cette guilde. Là, si la lettre convenait aux membres du Royaume de la Brume, on pouvait les côtoyer pour y être "essayé", comme on disait.

Il ne fallut pas longtemps au Dechronologue pour envoyer cette lettre à un Royaume où il pourrait, croyait-il, mettre fin à sa solitude tout en accomplissant sa vengeance contre les Dieux. La suite, vous la connaissez, le Dechronologue fut reçu dans les rangs du Royaume de la Brume, où il commença à évoluer et à trouver l'harmonie.
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MessageSujet: Re: Les Dieux Nous Entendent   Mer 26 Mar 2014 - 20:08

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VII. Shirai

Il ne fallut pas longtemps au Dechronologue pour comprendre l'importance que le Royaume de la Brume allait avoir dans son existence. En effet, pour la première fois dans sa longue vie - était-elle aussi longue qu'il le prétendait ? - ce jeune homme étourdi par la grandeur du destin qu'il s'attribuait connut l'amitié, la camaraderie et la fraternité. Pour la première fois, il se sentit bien quelque part, et pour la première fois, il fut aimé par d'autres que lui-même. La Brume était une entité bien compliquée, qu'il ne comprenait pas toujours, mais que pourtant il parvenait à ressentir et dans laquelle il trouvait le bonheur. Rapidement, il trouva sa place parmi les habitants de ce Royaume si particulier. Il s'investit autant qu'il put et se mit au service de celui-ci, si bien qu'il monta en grade, jusqu'à, quelques temps après son arrivée, être nommé Gouverneur, puis Diplomate. Chargé d'entretenir une relation étroite avec les alliés du Royaume qui se firent de plus en plus nombreux alors que menaçait d'éclater la Guerre des Guildes, le Dechronologue ne négligeait pas pour autant son but premier : sa vengeance contre les Dieux, s'était-il juré, devrait avoir lieu, quoi qu'il arrivât. De ce fait, il continuait à s'entraîner avec sérieux à l'art de combattre, et sa puissance c'était modérément, mais sûrement que sa puissance grandissait.

Bientôt, sa progression fut toutefois ralentie par un événement que le Dechronologue n'eût jamais pu prévoir. En effet, il tomba amoureux. Mais quel amour ! Cette femme, c'était Shirai, une disciple de Féca aussi tendre que féroce que le Dechronologue avait connu lors d'expéditions sur l'île de Grobe en compagnie de ceux qui devaient être de futurs alliés du Royaume de la Brume : la guilde Fox Hound. Là, il la découvrit, plutôt qu'il ne la vit, combattre. Shirai était d'une beauté implacable, à la fois surprenante et évidente : ça vous prenait là, comme ça, et vous vous disiez : Mon Dieu. Qu'elle est belle. Majestueuse souvent, glaciale parfois, cette âme tourmentée oscillait sans cesse entre la rigidité d'un orgueil qu'elle avait altier et la douceur d'une mélancolie qui jamais ne semblait la quitter. Et cela, tout de suite, le Dechronologue l'aima. Il aima de même, aussitôt qu'il put les contempler, ces grands yeux marrons curieux et impérieux, cernés d'un noir épais qui lui donnait un air de rage, presque méchant, lorsqu'elle était contrariée ; il adora cette taille fine, mais si robuste et si bien dessinée, et ces cheveux qui, par un effet mystérieux, se trouvaient d'une blancheur éclatante, et qui lui tombaient jusqu'en bas du dos dans une cascade sauvage, à peine domptée. Brusquement, le Dechronologue ne put se passer de Shirai. Parce que ce que l'on n'a pas dit, c'est qu'au-delà de son apparence, la jeune disciple de Féca était dotée d'un esprit délicieux, aussi piquant que juste, et qui rendait sa compagnie des plus agréables. Le Dechronologue aimait donc - bien que ce mot soit un peu faible pour restituer l'adoration qu'il vouait à ces rencontres - passer des moments en tête à tête avec Shirai, qui, s'il ne le savait pas encore, n'était pas non plus indifférente à ses charmes. De plus en plus régulièrement, il leur arrivait de se retrouver tous les deux, assis sur un banc au bord de la rivière Kwaï ou bien réunis près de la mer autour d'un bon repas, étalé sur un pan de tissu quadrillé. Là, ils parlaient de tout, ils parlaient de rien. Ils parlaient de poisson cru et du temps qui passe, ils parlaient de l'infini et du blé que les paysans récoltaient. Parfois, il parlaient d'eux. Alors, Shirai, racontait au Dechronologue les splendeurs et misères de sa vie troublée ; alors, le Dechronologue avouait à Shirai la fragilité de son existence.
Ils ne s'avouèrent pas aussitôt qu'ils s'aiment - d'ailleurs, s'aimaient-ils ? Un amour pouvait-il être partagé entre ces deux êtres que tout semblait opposer, ou du moins, que rien ne semblait rejoindre ? Dans les moments les plus fous, il sembla au Dechronologue que c'était le cas. Il lui sembla que jamais il ne pourrait la quitter et que s'il était contraint à le faire, il ne pourrait pas y survivre.

Ils se marièrent, un jour. La veille, ils en avaient un peu discuté, mais sans plus. Le lendemain, pourtant, les vit agenouillés devant le prêtre d'Amakna, la main dans la main, auprès de quelques compagnons qui s'étaient rendus disponibles. Tant pis pour les autres : c'était le mariage de Dechronologue et Shirai, et celui de nul autre. A partir de ce jour, ce fut officiel. Leur vie "commune" commença, chargée de toute sa singularité et de toute son inconstance. Ils étaient en réalité assez indépendants l'un de l'autre. S'ils continuaient de se voir très souvent, ils étaient séparés l'un de l'autre la plus grande partie du temps, et profitaient souvent de la tombée de la nuit pour se retrouver au détour d'une rue, ou chez le Dechronologue, qui alors habitait une petite cabane de Frigost, que son épouse chérissait entre toutes. Leur séparation était toujours difficile, mais chacun savait qu'il ne pourrait pas vivre avec l'autre constamment sans que leur relation ne soit éphémère. Pour cependant ne jamais trop être séparés l'un de l'autre, Shirai avait remis, un soir, au Dechronologue, une fleur. C'était une petite chose aux pétales blancs qui rayonnaient au soleil comme dans l'ombre. Une immortelle. S'il avait eu assez de larmes pour exprimer le sentiment qui le parcourut au moment de la prendre dans ses mains, le Dechronologue aurait pleuré un océan. Depuis, la fleur ne le quitta jamais. Elle resta à jamais quelque part, près de lui, et plus près encore dans son âme. En retour, à l'occasion de l'un de leurs tête-à-tête, le Dechronologue cueillit une edelweiss alors qu'il racontait à Shirai l'histoire de Lys et de l'Enutrof, dans une chambre obscure, enfouie sous la montagne des Craqueleurs. Il la lui remit solennellement, plein d'amour pour cette femme qui jamais ne devait quitter ses pensées.

Malheureusement, tout cela ne fut que de courte durée. Rapidement, les voyages de Shirai se firent toujours plus longs, si bien qu'elle s'absentait parfois plusieurs mois de suite. Sans nouvelle aucune de son épouse, le Dechronologue, s'il ne dépérissait pas, était plongé dans un état de mélancolie profonde - il était condamné à vivre tout de même, dans l'attente de Shirai. Il dut finalement s'y habituer et parler de son couple au passé bien qu'il y pensât encore au présent. Les mois, les années défilèrent ainsi ; l'existence du Dechronologue était faite d'étranges retrouvailles, tantôt froides, tantôt passionnées et de séparations douloureuses entre lesquelles il s'efforçait de mener une vie normale au sein du Royaume de la Brume.
Pourtant, un beau jour, un événement pour le moins imprévu vint bouleverser cette existence tourmentée...

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MessageSujet: Re: Les Dieux Nous Entendent   Sam 29 Mar 2014 - 18:10

Les Dieux Nous Entendent
VIII. En quête de vérité

En effet, alors que personne ne l'attendait plus, le scientifique bien connu du Royaume, Kiminius se présenta. On eut beau l'interroger sur sa disparition aussi longue que mystérieuse, on eut beau se demander la raison de son retour, rien n'y fit. L'enfant un peu fou était revenu, et c'était tout. Dechronologue n'avait jamais eu l'occasion de le rencontrer et, en dehors des histoires étranges que les disciples de la Brume racontaient régulièrement à son sujet et des quelques lignes de son histoire qu'il avait pu lire dans la bibliothèque, le jeune homme ne connaissait rien de l'ancien protecteur du Royaume de la Brume. Ainsi, un millier de questions fourmillaient dans son esprit quand, pour la première fois, il vit le disciple de Féca au visage enfantin, au regard rieur et aux cheveux ébouriffés. Il fut tenté de le trouver "mignon", avant de se rendre compte que les cheveux de Kiminius étaient plus roux qu'il n'est possible de l'être, et que son habit était d'un vert criard, ce qui lui donnait un air... particulier. Le Zobal réprima un rire. Voilà quelqu'un d'original. Et en effet, original, Kiminius l'était. Pour autant, cela n'empêcha pas Dechronologue de l'apprécier dès les premiers instants. Quelle vie se dégageait de ce petit corps, quel feu animait son esprit ! Malgré l'étrangeté de ses dispositions scientifiques et la naïveté qui caractérisaient le disciple de Féca, il était adorable : Dechronologue, tout de suite, l'adora. Ils passaient de longues après-midi ensemble, réunis dans les endroits les plus improbables, et Kiminius décrivait à son nouvel ami des projets, des expériences tous plus fous les uns que les autres pendant que Dechronologue, un demi sourire au lèvre, écoutait. Parfois, c'était à lui que le scientifique posait des questions, et le Zobal parlait, non sans peine parfois, de son destin, de son épouse. Ils en venaient parfois à discuter de la divinité que Dechronologue s'attribuait, mais il s'avéra rapidement que Kiminius, tout scientifique qu'il était, ne croyait pas un traître mot de l'histoire du Dechronologue. En vérité, pareille chose n'aurait pas dû blesser Dechronologue, qui avait l'habitude que l'on se moquât de son histoire. Pourtant, de la part de Kiminius, devenu alors son meilleur ami... Ce que lui disait le jeune garçon le mettait mal à l'aise, et parfois, il ne savait pas comment lui répondre. Même, il arrivait qu'au terme de ces conversations, des doutes s'insinuent dans l'esprit de Dechronologue, qui, sans se l'avouer, fouillait au plus profond de sa mémoire en quête de preuve irréfutables à sa divinité. Il avait l'impression de se souvenir des Premiers Dieux, du Temps, des Douze et du reste, mais en y réfléchissant bien, il n'en n'était plus aussi certain qu'il l'avait été.

Un jour, alors que Kiminius et Dechronologue étaient réunis dans un laboratoire où il préparait des mixtures douteuses destinées selon lui à faire s'endormir quiconque les boirait, Kiminius se retourna soudain vers son ami et commença à lui parler de sa supposée divinité. Avec gravité, il laissant de côté son travail inachevé - ce que jamais il ne faisait d'ordinaire, le scientifique avança à Dechronologue toute une série de preuves irrécusables que son histoire ne pouvait pas être véridique. Il le fit avec tact et dans le regard une once de compassion, de pitié, même que Dechronologue interpréta d'abord comme de la tristesse, et le fit si bien qu'après avoir entendu son compagnon, Dechronologue ne fut plus sûr de rien. Les jours suivants, le Dechronologue, bouleversé, se décida à se mettre en quête de vérité et, bien décidé à lever le voile sur le mystère de son existence, décida de faire part de ses inquiétudes à ses camarades du Royaume de la Brume.

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